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Recette de Syllabub anglais — Syllabub, dessert anglais traditionnel fondant et parfumé au vin blanc et au citron

Recette de Syllabub anglais — Syllabub, dessert anglais traditionnel fondant et parfumé au vin blanc et au citron

Recette de Syllabub authentique, un dessert anglais traditionnel fondant, parfumé au vin blanc, au citron et à la crème fouettée.

Découvrez la recette du Syllabub anglais : crème fraîche entière, vin blanc sec, jus et zeste de citron, sucre fin — un dessert élisabéthain et georgien raffiné, léger et mousseux, servi en verre à pied.


Appellations et identité

Nom dans la langue d'origine : Syllabub (anglais)

Étymologie : le mot syllabub vient du nom Sille, une zone de la région Champagne en France qui produisait le vin éponyme, et du mot bub, argot élisabéthain désignant une boisson pétillante — d'où Sille bub, vin mélangé à une crème mousseuse. D'autres étymologies sont avancées : du vieux norrois síl/syle/syell désignant une passoire à lait, ou du néerlandais sulle (paille, chalumeau) et buych (panse), référence aux récipients ventrus dans lesquels le syllabub était bu à la paille.

Autres appellations : Whipt syllabub (version fouettée XVIIIe siècle), Everlasting syllabub (version se conservant plusieurs jours), Solid syllabub (version plus crémeuse et moins mousseuse), Hatted Kit (version rustique obtenue en trayant la vache directement dans le bol de vin).

Variantes dialectales attestées : Solybubbe (graphie Tudor de 1537), Sullabub, Sillabub, Syllibub — le terme apparaît sous de nombreuses orthographes différentes du XVe au XVIIIe siècle avant que syllabub ne s'impose à partir de 1700 environ, sous l'influence du mot syllable.


Variantes et versions régionales

Version Tudor du XVIe siècle (boisson) : lait frais tiré directement de la vache dans un bol de cidre ou de bière forte épicée à la muscade. La mousse naturelle du lait chaud forme une couche sur le dessus. Servi chaud ou froid, bu à travers un bec verseur. Aucune crème fouettée, aucun sucre raffiné.

Version du XVIIe siècle (mi-boisson mi-entremets) : à la même époque, une version plus solide était préparée avec de la crème et du vin ou des spiritueux, produisant un entremets plus consistant. AbeBooks Sir Kenelm Digby (1669) propose des versions parfumées au jus de prune, aux sirops de cerise et à l'orange de Séville.

Version Whipt syllabub du XVIIIe siècle : crème fouettée au vin blanc et au sucre, récupérée à la cuillère au fur et à mesure de sa formation et posée en nuages sur un verre de vin sucré ou de gelée. Doit être servi dans l'heure suivant sa préparation.

Version Everlasting syllabub du XVIIIe siècle (version de la présente fiche) : crème entière fouettée avec vin blanc, zeste et jus de citron, sucre fin. Se conserve 48 heures au froid sans se dégrader. C'est la version la plus codifiée, notamment par Hannah Glasse dans The Art of Cookery (1747) et Elizabeth David dans son pamphlet Syllabubs and Fruit Fools (1969).

Version contemporaine gastronomique : crème fouettée légèrement stabilisée, vin de Sauternes ou Riesling vendanges tardives, citron confit maison, zeste de bergamote, service en coupe à champagne avec tuile dentelle au sucre.

Évolution de la recette : les syllabubs et les possets sont des préparations laitières anglaises qui ont probablement évolué pour la première fois au XVIe siècle. Les syllabubs étaient préparés à partir de crème et de vin et servis froids. Progressivement, des recettes n'utilisant que la tête mousseuse ont été élaborées. Au XVIIIe siècle, le syllabub n'est plus une boisson mais un dessert sucré, crémeux et mousseux, mangé à la cuillère, considéré comme élégant et sophistiqué, servi uniquement dans les maisons les plus raffinées.


Catégorisation

Type de plat : Dessert Service : Gastronomique / Traditionnel / Traiteur festif Nombre de portions : 6 Niveau technique : Intermédiaire — la maîtrise du point de fouettage de la crème et de l'équilibre acide/sucre est le seul point technique délicat Public cible : grand public averti, professionnel de restauration, passionné de cuisine historique britannique


Origine géographique et statut

Pays : Angleterre, Royaume-Uni Région / micro-terroir : plat national anglais, avec une tradition particulièrement forte en Cornouailles (Cornwall) selon certaines sources, et dans les grandes maisons aristocratiques de Londres et du Home Counties Ville de référence : Londres — Visit London : www.visitlondon.com Origine et transmission : cuisine aristocratique et bourgeoise anglaise, transmise dans les livres de ménage (housekeeping books) et les manuels de cuisine depuis le XVIIe siècle Statut officiel : aucune protection officielle — patrimoine culinaire anglais non protégé Recette codifiée : oui, à partir du XVIIe siècle — Robert May, The Accomplisht Cook (1660) ; Sir Kenelm Digby, The Closet of the Eminently Learned Sir Kenelm Digby Opened (1669) ; Hannah Glasse, The Art of Cookery Made Plain and Easy (1747)


Contexte culturel et historique

Dicton : "The frothier the better" — plus c'est mousseux, mieux c'est (adage populaire anglais du XVIIe siècle relatif au syllabub, attesté dans plusieurs sources de l'époque).

Légende et anecdote royale : Charles II trouvait ce type de syllabub si délicieux qu'il gardait des vaches au palais au cas où il en aurait envie — il suffisait qu'il s'approche d'une vache et presse du lait directement dans son flagon de vin, de sack ou de cidre.

Historique détaillé :

La première utilisation connue du mot syllabub à l'écrit date de 1537, avec l'orthographe "solybubbe". À cette époque Tudor, le syllabub est une boisson — du lait frais caillé au contact du vin ou du cidre acide, sucré et aromatisé à la muscade, servi dans des récipients en verre à bec verseur. La technique la plus spectaculaire consistait à traire la vache directement dans le bol de boisson alcoolisée pour produire une mousse naturelle maximale.

Le syllabub est mentionné tout au long des XVIIe et XVIIIe siècles dans les pièces de théâtre, la poésie, les arts, les journaux intimes et les livres de cuisine. Du poète lauréat Ben Jonson au célèbre diariste Samuel Pepys, en passant par les pionnières de la gestion domestique comme Hannah Woolley, Eliza Smith et Hannah Glasse, tous connaissaient et appréciaient cette friandise sucrée.

Au XVIIe siècle, le plat se dédouble : la version populaire reste la boisson mousseuse au lait et cidre, tandis qu'une version aristocratique à base de crème et de vin de qualité se développe dans les grandes maisons. Sir Kenelm Digby, dans son ouvrage posthume de 1669, codifie plusieurs versions dont des variantes sans alcool parfumées aux sirops de fruits.

Au XVIIIe siècle, des recettes évoluent vers la seule fabrication de la tête mousseuse. Hannah Glasse distingue trois types de syllabubs dans son ouvrage de 1747 : les whypt syllabubs, les everlasting syllabubs et les solid syllabubs. Tous partagent des ingrédients similaires — crème épaisse, vin, agrumes, épices et sucre — la différence tenant aux proportions et à la méthode de combinaison.

Même après l'introduction de la glace, le syllabub n'est pas complètement supplanté et reste un dessert apprécié. Vers la fin du XIXe siècle, la glace devient de plus en plus populaire en Angleterre, finissant par usurper le rôle de légère collation en fin de repas que jouait le syllabub. Elizabeth David le fait redécouvrir en 1969 dans son pamphlet Syllabubs and Fruit Fools, et c'est depuis lors sa version de l'everlasting syllabub qui sert de référence dans la cuisine anglaise contemporaine.


Chefs, maisons et versions de référence

Chefs de référence nationale et internationale :

Heston Blumenthal — The Fat Duck, Bray (3 étoiles Michelin) — www.thefatduck.co.uk — cuisinier historien, ses recherches sur la gastronomie Tudor et Stuart ont produit plusieurs réinterprétations du syllabub dans un cadre scientifique et historique rigoureux.

Nigella Lawson — auteure et personnalité culinaire britannique — www.nigella.com — a largement contribué à populariser le syllabub dans la cuisine domestique anglaise contemporaine à travers ses ouvrages et émissions.

Delia Smith — auteure culinaire britannique de référence — www.deliaonline.com — sa version de l'everlasting syllabub au citron est l'une des plus consultées en Grande-Bretagne.

Fergus Henderson — St. John Restaurant, Londres — www.stjohnrestaurant.com — champion de la cuisine britannique traditionnelle, ses desserts de tradition incluent régulièrement des préparations à la crème et au vin d'inspiration georgienne.

Marcus Wareing — Marcus, Hôtel Berkeley, Londres (2 étoiles Michelin) — www.marcusrestaurant.com — ses interprétations gastronomiques des classiques britanniques incluent des desserts à base de crème fouettée au vin fortifié.

Thomasina Miers — Wahaca, Londres — www.wahaca.com — ambassadrice de la cuisine britannique accessible, a présenté le syllabub dans plusieurs contextes de cuisine festive contemporaine.

Diana Henry — auteure culinaire britannique — a développé plusieurs versions du syllabub dans ses ouvrages sur la cuisine des saisons.

Simon Hopkinson — auteur de Roast Chicken and Other Stories — défenseur des classiques britanniques, cite régulièrement le syllabub comme emblème de la simplicité de la cuisine anglaise à son meilleur.

Chefs locaux identifiés :

Paul Ainsworth — Paul Ainsworth at No6, Padstow, Cornwall (1 étoile Michelin) — www.paul-ainsworth.co.uk — cuisine cornouaillaise contemporaine avec des desserts à base de crème et de cidre de pomme locaux.

Nathan Outlaw — Restaurant Nathan Outlaw, Port Isaac, Cornwall (2 étoiles Michelin) — www.nathan-outlaw.com — cuisine de Cornwall avec une sensibilité aux traditions régionales.

Mark Hix — Hix Oyster & Chop House, Londres — www.hixrestaurants.co.uk — champion de la cuisine britannique traditionnelle, ses menus saisonniers incluent régulièrement des desserts à la crème de tradition georgienne.

Tom Kerridge — The Hand and Flowers, Marlow (2 étoiles Michelin) — www.thehandandflowers.co.uk — cuisine de pub britannique gastronomique avec des desserts de tradition anglaise revus.

Rick Stein — Rick Stein's Café, Padstow — www.rickstein.com — défenseur de la cuisine des terroirs britanniques, ses desserts à la crème sont des références régionales.

Angela Hartnett — Murano, Londres (1 étoile Michelin) — www.muranolondon.com — cuisine britannique d'influence italienne avec des desserts légers à base de crème et d'agrumes.

Établissements de tradition populaire :

Rules Restaurant — Londres — www.rulesrestaurant.co.uk — plus ancien restaurant de Londres (1798), le syllabub figure occasionnellement au menu dans la tradition georgienne.

The Ivy — Londres — www.the-ivy.co.uk — institution londonienne, desserts classiques britanniques dont des versions contemporaines du syllabub.

Wilton's — Londres — www.wiltons.co.uk — l'un des plus anciens restaurants de poisson de Londres, desserts de tradition britannique en fin de repas.

The Dorchester — Londres — www.dorchestercollection.com — palace londonien dont la carte des desserts inclut régulièrement des préparations à la crème fouettée d'inspiration georgienne.

Bettys Tea Rooms — York et Harrogate — www.bettys.co.uk — institution du Yorkshire, desserts à la crème de tradition anglaise servis dans un cadre Art déco.

Fortnum & Mason — Londres — www.fortnumandmason.com — épicerie fine historique dont le salon de thé propose des desserts à la crème de tradition victorienne et georgienne.


Description culinaire du plat

Présentation : verre à pied étroit à base étroite et coupe évasée, ou coupe à champagne — la transparence du verre est indispensable pour mettre en valeur la séparation des couches liquide et mousseuse. Couche légèrement liquide de vin et de jus de citron en bas, mousse crémeuse blanche et légère sur le dessus, zeste de citron râpé en finition.

Texture : légère, aérienne, mousseuse — à mi-chemin entre la chantilly et la mousse. La crème fouettée est suffisamment ferme pour se tenir en pic souple sans être trop dense. L'acidité du citron et du vin contrebalance la richesse de la crème et produit une sensation de fraîcheur en bouche malgré la teneur en matière grasse.

Arômes dominants : citron frais et zesté, vin blanc floral légèrement sucré, vanille discrète si muscade ajoutée, crème froide, note alcoolisée très légère.

Particularités culinaires : l'équilibre entre l'acidité du citron et du vin et la richesse de la crème est le seul paramètre technique critique. Un excès d'acidité fait "casser" la crème et produit une texture granuleuse. Un manque d'acidité donne un dessert lourd et écœurant. La qualité du vin conditionne directement le goût final — un vin trop tannique ou trop alcoolisé déséquilibre tout le dessert.

Ustensiles nécessaires : saladier froid (idéalement réfrigéré 30 minutes avant usage), fouet à main ou batteur électrique, zesteur ou microplane, verres à pied transparents, cuillère à soupe pour le dressage.


Ingrédients

Pour 6 portions — rendement total environ 900 ml de préparation finie

Crème : 50 cl de crème fraîche entière liquide à 35% de matière grasse minimum, très froide (sortie du réfrigérateur juste avant usage)

Vin blanc : 15 cl de vin blanc sec de qualité — Muscadet, Chablis, Riesling sec ou Sauvignon blanc — ou à défaut de Sauternes pour une version plus sucrée et plus aromatique

Citron : jus de 2 citrons non traités (environ 6 cl) + zeste finement râpé de 2 citrons à la microplane

Sucre : 80 g de sucre glace tamisé — le sucre glace se dissout plus facilement que le sucre semoule et évite la texture granuleuse

Aromates optionnels : une pincée de noix de muscade fraîchement râpée (tradition du XVIIe siècle), quelques gouttes de cognac ou de brandy pour intensifier le profil aromatique (tradition georgianne)

Variantes acceptées : vin de Madère sec, Marsala secco, cidre brut artisanal (version Tudor), jus de groseilles ou de cerises pour version sans alcool (Sir Kenelm Digby, 1669)

Variantes à éviter : crème UHT — sa structure protéique altérée par le traitement thermique l'empêche de monter correctement. Vin rouge — les tannins brisent l'émulsion de la crème.


Préparation et méthode de réalisation

Temps de mise en place : 15 minutes Temps de préparation active : 15 minutes Temps de repos au froid : 4 heures minimum, idéalement une nuit Temps total de production : 4h30 à 12 heures Rendement : 6 portions de 150 ml environ Poids par portion : 150 g environ Température de service cible : 4 à 6°C

Objectifs techniques : crème fouettée aérienne tenant en pic souple mais pas ferme — si elle tient en pic rigide, elle sera trop dense et perdra sa légèreté caractéristique. Sucre entièrement dissous — aucun grain résiduel. Vin et jus de citron parfaitement intégrés sans faire "casser" la crème. Séparation légère des couches en verre après repos — normale et souhaitée dans la tradition anglaise.

Étapes détaillées :

Mise en place : réfrigérer le saladier et les fouets 30 minutes avant la préparation — une crème froide fouettée dans un bol froid monte plus vite et plus fermement. Sortir la crème du réfrigérateur juste au moment de commencer. Zester finement les deux citrons à la microplane avant de les presser — le zeste libère ses huiles essentielles plus facilement sur les agrumes entiers. Presser les citrons et filtrer le jus. Tamiser le sucre glace.

Macération des arômes : dans un petit bol, combiner le vin blanc, le jus de citron et les trois quarts du zeste. Ajouter le sucre glace et remuer jusqu'à dissolution complète — 2 à 3 minutes à la cuillère. Laisser reposer 10 minutes pour que les arômes se fondent et que le sucre soit parfaitement dissous. Cette macération est un choix technique important : elle garantit que le sucre ne granule pas en contact avec la crème froide.

Fouettage de la crème : verser la crème entière très froide dans le saladier réfrigéré. Commencer à fouetter à vitesse moyenne — pas à vitesse maximum, qui incorporerait trop d'air trop vite et produirait une texture irrégulière. Fouetter jusqu'à ce que la crème commence à épaissir et à laisser des traces visibles du fouet — environ 2 minutes au batteur électrique, 4 à 5 minutes au fouet à main. La crème doit être à mi-chemin entre le liquide et le pic souple — elle tient en pic souple qui retombe légèrement quand on soulève le fouet.

Incorporation du mélange vin-citron : verser le mélange vin-citron-sucre en filet progressif sur la crème à demi-montée, tout en continuant à fouetter à vitesse modérée. L'acidité du mélange va légèrement raffermir la crème et lui donner du volume supplémentaire. Continuer à fouetter 1 à 2 minutes supplémentaires jusqu'à ce que la préparation tienne en pics souples stables. Ne jamais fouetter jusqu'à la texture ferme — la crème doit rester légère et aérienne, pas compacte. Incorporer la muscade râpée si utilisée.

Contrôle de texture et goût : plonger une cuillère dans la préparation et observer — elle doit napper la cuillère sans couler mais sans s'y accrocher rigidement. Goûter et ajuster si nécessaire : trop sucré, ajouter quelques gouttes de citron ; trop acide, ajouter une pincée de sucre glace supplémentaire incorporée délicatement à la spatule.

Dressage : à la cuillère ou à la poche à douille, remplir les verres à pied en commençant par le fond. Pour la version traditionnelle georgienne, verser d'abord 2 cuillères à soupe de vin blanc sucré au fond du verre, puis déposer la mousse de syllabub par-dessus — la séparation des couches est intentionnelle et appréciée. Finir avec le zeste de citron réservé en surface.

Repos au réfrigérateur : couvrir chaque verre d'un film alimentaire sans contact avec la surface du syllabub. Réfrigérer minimum 4 heures, idéalement une nuit — c'est la raison de l'appellation everlasting syllabub, qui peut se préparer la veille. Pendant ce repos, les arômes du vin et du citron s'approfondissent et les couches se définissent légèrement.


Points de contrôle qualité

Texture de la crème avant service : pic souple — ni liquide, ni ferme. Un syllabub trop ferme a été fouetté excessivement. Un syllabub liquide manque de fouettage ou la crème était trop chaude. Dissolution du sucre : aucun grain visible ou perceptible en bouche Température de service : 4 à 6°C — un syllabub sorti trop tôt du réfrigérateur ramollit rapidement Absence de séparation excessive : une légère séparation des couches est normale après le repos. Une séparation totale indique une crème insuffisamment fouettée ou une trop forte acidité

Tolérances et corrections : préparation trop liquide — replacer au réfrigérateur 2 heures supplémentaires, la crème va légèrement se raffermir au froid. Préparation trop ferme et granuleuse — incorporer délicatement à la spatule 2 cuillères à soupe de crème liquide froide. Goût trop acide — incorporer une cuillère de sucre glace à la spatule.


Sauces et condiments

Ce dessert ne s'accompagne pas d'une sauce séparée. La texture mousseuse constitue à elle seule la totalité du plat.

Condiment traditionnel : gâteaux secs fins (shortbread, sponge fingers, langue de chat) disposés en bordure du verre — leur croquant contraste avec la mousse fondante.

Condiment contemporain : coulis de fruits rouges, gelée de vin blanc, compotée de fruits de saison en fond de verre avant la mousse.

Conservation : 48 heures maximum à +4°C dans les verres couverts d'un film alimentaire. Ne jamais surgeler — la texture mousseuse se dégrade à la congélation. Ne jamais maintenir au-delà de 6 heures à température ambiante.

Température de service : 4 à 6°C.


Normes de sécurité et d'hygiène

Chaîne du froid : crème réceptionnée ≤ +4°C. DLC contrôlée à réception. Rupture de chaîne du froid — seuil critique +8°C.

Pasteurisation : la crème commerciale est pasteurisée — aucun risque microbiologique spécifique. Le vin et le jus de citron apportent une acidité supplémentaire qui inhibe la croissance bactérienne.

DLC après préparation : 48 heures à +4°C. Étiquetage obligatoire en restauration collective.

Allergènes présents : lait (crème). Sulfites résiduels dans le vin (à déclarer si > 10 mg/kg). Allergènes absents : gluten, œuf, arachides, fruits à coque, soja, céleri, moutarde, sésame, crustacés, mollusques, poissons, lupin.

Plat naturellement sans gluten si vérification de l'absence de contamination croisée dans les ustensiles.


Astuces et conseils

Erreurs fréquentes :

Crème trop chaude : une crème à plus de 8°C au moment du fouettage monte difficilement et donne une texture granuleuse. Toujours sortir la crème du réfrigérateur juste au moment de l'utiliser.

Sucre non dissous avant incorporation : le sucre semoule ou cristal ne se dissout pas correctement au contact de la crème froide et laisse une texture granuleuse désagréable. Toujours utiliser du sucre glace dissous dans le vin avant incorporation.

Excès de fouettage : la crème sur-fouettée grène, se sépare en beurre et petit-lait et ne peut plus être récupérée. S'arrêter dès que les pics souples se forment.

Vin trop tannique ou trop alcoolisé : les tannins et l'alcool fort font coaguler les protéines de la crème en grumeaux. Utiliser impérativement un vin blanc léger, peu tannique, à moins de 12,5% d'alcool.

Dressage trop longtemps avant service : le syllabub servi à température ambiante pendant plus de 30 minutes perd sa tenue. Toujours sortir les verres du réfrigérateur au dernier moment.

Astuces de texture : pour une mousse encore plus légère et aérienne, incorporer à la fin un blanc d'œuf monté en neige ferme à la spatule — technique présente dans plusieurs recettes du XVIIIe siècle. Pour une version plus ferme qui se tient mieux en verrine, augmenter légèrement la proportion de citron.

Astuces d'arômes : faire macérer le zeste de citron dans le vin blanc 12 heures la veille avant de préparer le syllabub — les huiles essentielles du zeste infusent profondément dans le vin et donnent un profil aromatique nettement plus intense. Une feuille de verveine citronnelle ajoutée à la macération apporte une note herbacée élégante très contemporaine.

Conseil du chef : le syllabub est meilleur préparé la veille et conservé au réfrigérateur toute la nuit. Les arômes du vin et du citron se fondent, la mousse se stabilise et la légère séparation des couches produit un effet visuel recherché dans la tradition georgienne. Sortir les verres du réfrigérateur 5 minutes avant le service pour que le dessert soit à 5°C — ni glacé ni chambré.

Matériel indispensable : saladier en inox ou en verre réfrigéré, fouet à fils fins ou batteur électrique avec fouets refroidis. À défaut de microplane, un zesteur traditionnel ou la face fine d'une râpe à fromage.


Service, accompagnements et accords

Type de verre : verre à pied étroit et évasé de 20 à 25 cl — la forme traditionnelle georgienne avec base étroite et coupe évasée, ou coupe à champagne. La transparence est obligatoire pour apprécier la séparation des couches. Température de service : 4 à 6°C.

Garnitures traditionnelles : shortbread fin, langue de chat, sponge finger (biscuit à la cuillère), biscuit au gingembre (ginger snap). Zeste de citron confit. Quelques baies fraîches en saison. Garnitures contemporaines : tuile dentelle au sucre, feuille de verveine fraîche, segments d'agrumes confits, cristaux de sucre colorés.

Vins et accords :

Le syllabub étant lui-même à base de vin, l'accord idéal est de servir le même vin que celui utilisé en préparation, légèrement plus froid.

Appellation principale idéale : Sauternes AOC ou Barsac AOC pour la version la plus luxueuse — la richesse aromatique du botrytis dialogue avec le citron et la crème Cépage dominant : sémillon, sauvignon blanc, muscadelle Profil aromatique recherché : abricot confit, miel d'acacia, zeste d'agrume, légère note d'amande grillée

Millésime idéal pour Sauternes : 2015 — concentration et fraîcheur équilibrées, accord parfait avec la richesse crémeuse du syllabub Millésime accessible : Monbazillac 2019 ou Jurançon moelleux 2020 — même profil aromatique à prix plus accessible Millésime alternatif sec : Chablis premier cru 2021 — pour les convives qui préfèrent un accord vin sec/dessert crémeux

Température de service du vin : 8 à 10°C Type de verre : verre à dégustation INAO ou verre tulipe de 20 cl

Alternatives sans alcool : jus de pomme trouble artisanal légèrement pétillant — fait écho à la tradition des syllabubs au cidre. Limonade artisanale au citron. Thé blanc légèrement infusé, servi froid.

Bière et cidre : cidre brut artisanal du Devon ou de Herefordshire, servi très froid à 6°C — la tradition du syllabub au cidre est la plus ancienne et l'accord est historiquement cohérent.

Accords patrimoniaux : shortbread écossais pur beurre en accompagnement — l'accord crème fouettée/beurre sablé est l'un des plus cohérents de la pâtisserie britannique. Fruit fool (purée de fruits à la crème) en dessert complémentaire dans la tradition des tables georgiennes.


Fiche nutritionnelle (pour 1 portion de 150 g environ)

Énergie : 320 kcal / 1 340 kJ Énergie par 100 g : 213 kcal / 893 kJ Lipides : 28 g dont acides gras saturés 18 g, dont acides gras mono-insaturés 7 g, dont acides gras poly-insaturés 1 g Glucides : 14 g dont sucres 13 g Protéines : 2 g Fibres alimentaires : 0 g Sodium : 25 mg Sel équivalent NaCl : 0,06 g Répartition énergétique : lipides 79% / glucides 17% / protéines 2% / alcool résiduel 2%

Bloc étendu : Cholestérol : 95 mg Calcium : 75 mg (source notable via la crème entière) Vitamine A : 280 µg (rétinol, via la crème entière) Vitamine D : 0,2 µg Index glycémique : 45 (faible — l'acidité du citron et du vin abaisse l'IG du sucre) Densité nutritionnelle : faible en micronutriments — dessert de plaisir à consommation occasionnelle. Source notable de lipides saturés et de vitamine A.

Note : valeurs calculées sur base des ingrédients bruts. La teneur en alcool résiduel est très faible — le vin représente moins de 15% du volume total de la préparation.


Allergènes

Présents : lait (crème entière). Sulfites résiduels si vin utilisé (à déclarer si > 10 mg/kg). Absents : gluten, œuf, arachides, fruits à coque, soja, céleri, moutarde, sésame, crustacés, mollusques, poissons, lupin. Plat naturellement sans gluten. Compatible régime sans lactose uniquement avec substitution de la crème par une crème de coco entière (voir adaptations).


Adaptations possibles

Sans gluten : naturellement sans gluten. Vérifier uniquement l'absence de contamination croisée dans les ustensiles et le sucre glace utilisé. Sans lactose : remplacer la crème entière par de la crème de coco entière réfrigérée 12 heures — seule la partie solide est utilisée. Texture plus ferme, arôme coco prononcé — dessert différent mais techniquement cohérent. Végétarien : naturellement végétarien. Végétalien : crème de coco en remplacement de la crème, sucre de canne non filtré sur os. Résultat nettement différent de l'original. Sans alcool : remplacer le vin par du jus de pomme trouble artisanal légèrement réduit avec une cuillère de vinaigre de cidre pour l'acidité. Jus de groseilles ou de cerises selon la recette de Sir Kenelm Digby (1669). Pauvre en sucre : réduire le sucre glace à 40 g. Intensifier le zeste de citron pour compenser. Valeur glucidique ramenée à 7 g par portion.


Glossaire

Syllabub (angl.) — Dessert ou boisson anglais à base de crème fouettée ou de lait caillé, de vin ou de cidre, de sucre et de citron. Attesté en anglais depuis 1537 sous la forme solybubbe. Plat emblématique de la cuisine anglaise des XVIe au XIXe siècles, tombé en désuétude puis redécouvert au XXe siècle.

Everlasting syllabub (angl., "syllabub éternel") — Version du syllabub qui peut se préparer 24 à 48 heures à l'avance et se conserver au réfrigérateur sans se dégrader, contrairement au whipt syllabub qui doit être servi immédiatement. La stabilité est due à un ratio plus élevé de crème par rapport au liquide et à la dissolution complète du sucre avant fouettage.

Whipt syllabub (angl., "syllabub fouetté") — Version du syllabub préparée en fouettant la crème jusqu'à formation d'une mousse légère qui est prélevée à la cuillère et posée sur un verre de vin sucré. Doit être servi dans l'heure suivant sa préparation car la mousse se dégrade rapidement.

Posset (angl.) — Boisson chaude anglaise médiévale et moderne à base de lait caillé au vin ou à la bière, œufs et épices, servie chaude. Proche parent du syllabub mais distinct par sa température de service et sa texture plus épaisse.

Hatted Kit (angl., "chapeau de kit") — Version rustique et paysanne du syllabub obtenue en trayant une vache directement dans un bol de bière ou de cidre épicé. La mousse naturelle du lait chaud projété forme un "chapeau" mousseux sur la surface du breuvage. Attesté dans les recettes de cuisine populaire anglaise jusqu'au XVIIIe siècle.

Sack (angl.) — Terme générique anglais des XVIe et XVIIe siècles désignant les vins blancs fortifiés importés d'Espagne et des îles Canaries, dont le xérès (sherry). Ingrédient fréquent dans les premières recettes de syllabub, il a été progressivement remplacé par les vins blancs secs au XVIIIe siècle.

Hannah Glasse (1708-1770) — Auteure anglaise du manuel de cuisine The Art of Cookery Made Plain and Easy (1747), premier best-seller de la littérature culinaire anglaise, vendu à plus de 20 000 exemplaires de son vivant. Son ouvrage contient plusieurs recettes de syllabubs qui constituent les sources codifiées les plus importantes du XVIIIe siècle pour ce dessert.

Sir Kenelm Digby (1603-1665) — Diplomate, philosophe et gastronome anglais, auteur du Closet of the Eminently Learned Sir Kenelm Digby, Kt., Opened (1669, posthume). Son ouvrage contient plusieurs recettes de syllabubs dont des versions sans alcool parfumées aux sirops de fruits, exceptionnelles pour l'époque.

Elizabeth David (1913-1992) — Auteure culinaire britannique dont les ouvrages ont révolutionné la cuisine domestique anglaise au XXe siècle. Son pamphlet Syllabubs and Fruit Fools (1969), republié dans An Omelette and a Glass of Wine, a joué un rôle déterminant dans la redécouverte du syllabub par la génération contemporaine.

Shortbread (angl.) — Biscuit sablé écossais pur beurre à trois ingrédients — farine, beurre, sucre — dont la texture fondante et friable est l'accompagnement classique du syllabub et de la crème fouettée dans la tradition britannique. Son nom vient de l'anglais short désignant une pâte riche en matière grasse.


Bibliographie

May, Robert. The Accomplisht Cook, or the Art and Mystery of Cookery. Londres, 1660. Édition fac-similé disponible sur Internet Archive. Premières recettes codifiées de syllabub dans un livre de cuisine imprimé anglais.

Digby, Sir Kenelm. The Closet of the Eminently Learned Sir Kenelm Digby, Kt., Opened. Londres, 1669. Édition numérisée disponible sur Project Gutenberg et Internet Archive. Versions variées de syllabubs dont des alternatives sans alcool.

Glasse, Hannah. The Art of Cookery Made Plain and Easy. Londres, 1747. Édition intégrale disponible sur archive.org. Codification des trois types de syllabubs — whipt, everlasting, solid.

Raffald, Elizabeth. The Experienced English Housekeeper. Manchester, 1769. Édition numérisée sur Internet Archive. Contient notamment la recette du "Syllabub under the Cow".

Smith, Eliza. The Compleat Housewife: or Accomplished Gentlewoman's Companion. Londres, 1727. Première édition américaine 1742. Source pour les recettes de syllabubs de la période georgienne.

David, Elizabeth. Syllabubs and Fruit Fools. Londres, pamphlet, 1969. Republié dans An Omelette and a Glass of Wine. Penguin Books, 1984. Référence moderne fondamentale pour la redécouverte du plat.

Oxford English Dictionary. Entrée syllabub / sillabub, avec première attestation datée de c.1537. www.oed.com.

Davidson, Alan. The Oxford Companion to Food. Oxford University Press, 1999 (3e édition 2014). Entrée syllabub, pp. 776-777.

Wilson, C. Anne. Food and Drink in Britain from the Stone Age to the 19th Century. Londres, Constable, 1973. Chapitre sur les préparations laitières anglaises médiévales et modernes.

Historic Food. Syllabub Recipes. www.historicfood.com. Base de données de recettes historiques anglaises avec sources primaires originales.

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