Glossaire technique complet de boucherie et charcuterie
La viande, catalyseur de l’évolution humaine et enjeu contemporain /small>
1. Les origines : de la charogne à la chasse active
Depuis les premiers hominidés, la viande a été bien plus qu’un simple aliment : elle a façonné notre morphologie, notre métabolisme et notre intelligence.
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Rôle évolutif : La viande constitue une source dense de calories et de nutriments essentiels (protéines complètes, graisses polyinsaturées, fer héminique, vitamine B12). Contrairement aux plantes, elle fournit une énergie concentrée, indispensable à l’expansion du cerveau humain.
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Homo habilis et Oldowayen : Les premiers outils en pierre étaient destinés au dépeçage et au bris d’os pour extraire la moelle, riche en nutriments. Ces pratiques ont marqué la transition vers la prédation active, offrant un avantage sélectif majeur.
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Apports nutritionnels bruts :
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Protéines de haute valeur biologique : essentielles pour la réparation tissulaire et la croissance.
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Lipides : constituants majeurs du cerveau, notamment acides gras polyinsaturés.
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Fer héminique : biodisponibilité élevée, prévention des anémies.
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2. La révolution de la cuisson : le "cerveau gourmand"
La maîtrise du feu a été une étape clé de notre évolution biologique.
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Hypothèse du "tissu coûteux" : En cuisant la viande, l’homme a réduit la taille du tube digestif (organe énergivore) au profit du cerveau, organe métaboliquement coûteux mais essentiel à la survie.
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Efficacité énergétique : La cuisson dénature les protéines et gélatinise le collagène, augmentant l’extraction des calories de 30 à 50 % par rapport au cru.
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Sécurité alimentaire : Le feu élimine parasites et bactéries, réduisant la mortalité infantile et améliorant l’espérance de vie.
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Diversification culinaire : La cuisson ouvre la voie à une grande variété de préparations, favorisant la complexité sociale et culturelle.
3. L’impact social et culturel de la viande
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Coopération et langage : La chasse en groupe nécessite stratégie, coordination et communication, stimulant le développement du langage et des structures sociales.
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Partage structurant : La redistribution des proies au sein du groupe a jeté les bases des hiérarchies sociales et des notions de réciprocité.
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Dimension artistique et symbolique : Les peintures rupestres (Lascaux, Chauvet) montrent que la viande et la chasse occupaient une place centrale dans l’art et la spiritualité.
4. Bio-ingénierie de la nutrition : défis du végétalisme strict
L’évolution humaine a optimisé la biodisponibilité des nutriments via des voies métaboliques spécifiques. Supprimer totalement la viande implique de contourner des barrières physiologiques :
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Vitamine B12 : cofacteur essentiel pour la synthèse de l’ADN et la myélinisation. L’humain dépend d’un apport exogène, faute de microbiote intestinal capable de la produire. Déficience → anémie mégaloblastique, atteintes neurologiques irréversibles.
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Fer héminique vs non héminique : Le fer de la viande (héminique) est absorbé à 15–35 %, tandis que le fer végétal (ferrique, Fe³⁺) ne dépasse pas 2–20 % et est inhibé par phytates et polyphénols.
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Densité nutritionnelle : Pour obtenir les mêmes apports en fer ou protéines qu’avec 100 g de steak, il faut consommer des volumes massifs de végétaux, avec un risque de déficit en acides aminés essentiels.
Conclusion nutritionnelle : La viande n’est pas absolument indispensable pour l’adulte dans les sociétés modernes, mais elle reste le moyen le plus efficace et biodisponible pour couvrir certains besoins critiques, notamment chez les enfants, femmes enceintes et sportifs.
5. Analyse écologique et thermodynamique
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Règle des 10 % et pertes énergétiques : Chaque passage trophique entraîne une perte d’environ 90 % de l’énergie.
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Rôle des ruminants : Capables de convertir la cellulose des prairies marginales en protéines de haute valeur biologique, valorisant des écosystèmes improductifs pour l’alimentation humaine.
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Émissions et occupation des sols : La production animale a un impact environnemental variable, dépendant du type d’élevage et des ressources mobilisées, mais elle reste un vecteur dense de nutriments pour les zones marginales.
6. Ingénierie tissulaire : vers une "viande sans animal"
La biotechnologie cellulaire permet désormais de produire des tissus musculaires indépendamment de l’animal :
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Bio-mimétique structurale : fibres musculaires, tissu conjonctif, adipocytes et vascularisation doivent être reproduits pour obtenir la texture et les propriétés métaboliques de la viande.
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Scaffolds et milieux de culture : Polymères biocompatibles et cellules satellites pour aligner les myocytes.
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Limites métaboliques : Certains métabolites bioactifs (créatine, anserine, peptides spécifiques) sont difficiles à reproduire, ce qui peut affecter l’anabolisme humain.
7. Paradoxes éthiques et techno-évolution
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Dénaturalisation de la protéine : Supprimer la chasse ou l’abattage modifie le rapport symbolique et culturel à la viande.
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Sécurité alimentaire globale : La viande in vitro pourrait réduire zoonoses et usage d’antibiotiques, améliorant la santé publique mondiale.
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Continuité évolutive : L’Homo sapiens reste conçu pour optimiser l’assimilation de nutriments animaux. La transition protéique doit concilier besoins ancestraux et limites planétaires.
Conclusion
La viande a été bien plus qu’une source calorique : elle a façonné notre cerveau, notre société et notre culture. Aujourd’hui, la problématique n’est plus la survie, mais la qualité, la durabilité et l’ingénierie nutritionnelle. La transition vers des sources alternatives ou biotechnologiques représente la prochaine étape de notre adaptation, alliant éthique, santé et contraintes environnementales.
Sommaire
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La matière et la science de la viande
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Techniques de découpe et gestes professionnels
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Anatomie et morceaux de choix
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Porcherie et charcuterie (termes spécifiques)
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Hygiène, sécurité et réglementation (HACCP)
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Termes anciens et régionaux
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Métiers, lieux et organisation
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Les grands types de viandes
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Morceaux principaux par espèce
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Abats et pièces particulières
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Opérations techniques de boucherie
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Préparations bouchères et charcutières
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Techniques de cuisson
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Hygiène, conservation et sécurité
1. La matière et la science de la viande
La viande n’est pas seulement un muscle : c’est un ensemble complexe de fibres musculaires, tissus conjonctifs, graisses et liquides biologiques, dont la composition influence la tendreté, la jutosité, la saveur et la conservation. Comprendre ces éléments est essentiel pour le boucher, le charcutier et le cuisinier.
1.1 Aponévrose
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Définition : Membrane fibreuse blanchâtre qui enveloppe les muscles et les relie aux os.
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Importance :
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Sa présence rend la viande dure et filandreuse si elle n’est pas retirée.
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Certains muscles contiennent des aponévroses épaisses (ex. jarret, tendron) qui nécessitent une cuisson longue pour ramollir.
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Manipulation : Ôter au couteau bien tranchant lors du parage ou de la découpe.
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Impact sur cuisson : Pièces contenant encore aponévroses peuvent rester coriaces si cuites rapidement.
1.2 Conformation
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Définition : Évaluation de la morphologie de la carcasse, souvent selon la grille EUROP (Bœuf : E = Excellent, P = Pauvre).
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Objectif : Déterminer la quantité et qualité de viande commercialisable, et la répartition gras/maigre.
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Paramètres observés :
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Volume musculaire des quartiers avant/arrière.
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Développement du dos et des cuisses.
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Proportion de gras externe et intramusculaire.
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Implications pratiques :
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Les carcasses bien conformées fournissent des morceaux nobles pour grillades et rôtis.
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Une mauvaise conformation nécessite souvent cuisson longue ou transformation en charcuterie.
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1.3 Faisandage
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Définition : Maturation très poussée du gibier, anciennement pratiquée pour développer goût et tendreté.
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Historique : Pratiqué surtout pour gibier sauvage avant la réfrigération moderne.
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Aujourd’hui :
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Remplacé par maturation contrôlée en chambre froide ou sous vide.
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Réduit risques sanitaires tout en conservant développement des arômes.
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Précaution : Le faisandage ancien pouvait provoquer prolifération bactérienne.
1.4 Grain de viande
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Définition : Aspect visuel et tactile des fibres musculaires à la coupe.
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Signification :
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Grain fin : fibre courte et serrée → viande tendre (ex. filet, poire de bœuf).
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Grain grossier : fibre longue et épaisse → viande à cuisson lente (ex. jarret, paleron).
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Implications cuisson :
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Les morceaux à grain fin se cuisent rapidement (grill, poêle).
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Les morceaux à grain grossier nécessitent braisage, mijotage ou cuisson longue.
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1.5 Maturation
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Définition : Processus enzymatique naturel post-mortem où les enzymes détruisent certaines protéines musculaires, rendant la viande plus tendre et développant ses arômes.
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Durée : 15 à 70 jours selon race, âge, type de muscle et conditions de conservation (froid positif ou dry-aged).
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Méthodes :
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Maturation en chambre froide humide : emballage sous vide, température 0–4 °C, humidité contrôlée.
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Dry-aging (séchage à l’air) : développement de croûte externe, concentration des saveurs.
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Effet sur cuisson : La viande mature nécessite moins de cuisson longue et garde un meilleur goût.
1.6 Persillé / Marbrage
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Définition : Graisses intramusculaires visibles dans le muscle (fils blancs dans le rouge).
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Importance :
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Garantit moelleux et jutosité.
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Contribue à la saveur (graisses fondantes diffusent arômes pendant cuisson).
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Exemple : Faux-filet et côte de bœuf très persillés pour grillades, rumsteck moins persillé pour steaks poêlés.
1.7 pH de la viande
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Définition : Mesure de l’acidité de la viande, influençant couleur, tendreté et conservation.
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Valeur idéale : ~5,5 après abattage.
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Impact sur qualité :
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pH trop élevé : viande foncée, dure, mauvaise tenue à la cuisson.
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pH trop bas : viande pâle, exsudative, perte de jus à la cuisson.
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Hygiène : Bon pH → inhibition de certaines bactéries, meilleure conservation.
Conseil pédagogique : Comprendre ces éléments aide à choisir le bon morceau pour la bonne cuisson, à décider maturation et affinage, et à adapter la transformation en charcuterie ou préparation culinaire.
2. Techniques de découpe et gestes professionnels
2.1 Désosser
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Définition : Séparer les os des masses musculaires pour obtenir des pièces prêtes à cuisiner ou transformer.
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Objectif : Faciliter cuisson, portionnage et valorisation des morceaux.
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Étapes :
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Identifier les articulations et os.
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Couper autour des os avec couteau fin et tranchant.
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Retirer cartilages et petits fragments osseux.
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Morceaux adaptés : Filet, épaule, gigot, côtes.
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Précautions HACCP : Éviter contact avec pièces déjà parées, surfaces propres, couteaux désinfectés.
2.2 Dépouiller
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Définition : Retirer la peau, le cuir ou les plumes de l’animal.
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Objectif : Préparer carcasse pour découpe, hygiénique et esthétique.
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Étapes :
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Inciser la peau ou cuir aux points stratégiques.
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Retirer progressivement en prenant soin de ne pas abîmer la chair.
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Nettoyer la surface exposée.
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Particularités : Bovins et ovins dépouillés du cuir ; porcs dépilés ou échaudés.
2.3 Éplucher
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Définition : Retirer graisses de couverture excessives, nerfs, membranes ou aponévroses.
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Objectif : Améliorer tendreté et présentation de la pièce.
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Morceaux adaptés : Faux-filet, rumsteck, rôti, filets.
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Précautions : Ne pas enlever tout le gras utile à cuisson ; couteau tranchant pour éviter déchirures.
2.4 Ficeler
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Définition : Maintenir une pièce (rôti, paupiette, ballotin) avec ficelle.
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Objectif : Cuisson uniforme et maintien de la forme.
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Techniques :
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Ficelage simple (rôti long) : ficelle autour de la pièce tous les 2–3 cm.
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Ficelage en croisillons (paupiette, rôti bardé).
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Précautions HACCP : Ficelle propre et alimentaire, manipulation hygiénique.
2.5 Glaner
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Définition : Récupérer petites parcelles de viande restantes sur os ou plan de travail.
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Objectif : Valorisation maximale de la carcasse pour farces, hachis, bouillons.
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Conseil pratique : Séparer viandes propres pour consommation, éviter contamination croisée.
2.6 Habiller
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Définition : Préparer une carcasse ou une pièce pour présentation ou découpe.
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Étapes :
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Retirer excédents de gras et nerfs.
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Rectifier contours.
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Préparer pour étal ou vente.
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Exemple : Gigot, carré d’agneau, filet de bœuf habillé.
2.7 Parer
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Définition : Régulariser contours, enlever graisses, membranes et nerfs indésirables.
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Objectif : Améliorer aspect, cuisson et dégustation.
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Techniques :
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Trancher angles irréguliers.
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Enlever aponévroses et nerfs.
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Précautions : Ne pas enlever trop de gras protecteur ; conserver persillage si nécessaire.
2.8 Piécer
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Définition : Découper une masse musculaire en portions individuelles (steaks, escalopes, cubes).
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Objectif : Obtenir pièces uniformes pour cuisson ou vente.
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Techniques :
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Couper perpendiculairement aux fibres pour tendreté.
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Portionner selon grammage standard.
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2.9 Talonner
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Définition : Couper ou retailler la base d’un os pour une finition nette.
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Objectif : Esthétique et sécurité pour présentation ou cuisson.
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Exemple : Talonner jarret, gigot ou côtes pour rôtissage.
2.10 Autres gestes professionnels complémentaires
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Dénerver : Retirer nerfs visibles pour tendreté.
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Dégraisser : Enlever excès de graisse de couverture ou de bardes.
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Larder : Piquer morceaux de lard dans viande maigre pour cuisson et goût.
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Barder : Recouvrir pièce maigre de bardes pour éviter dessèchement.
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Hacher : Préparer chair pour farces, saucisses, steaks hachés.
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Embosser : Remplir boyaux naturels ou artificiels pour saucisses, boudins.
3. Anatomie et morceaux de choix (Bœuf)
3.1 Aloyau
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Localisation : Dos de l’animal, entre les épaules et la croupe.
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Morceaux inclus : Faux-filet, filet, rumsteck, côte à l’os, entrecôte.
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Texture et goût : Viande tendre, persillée selon l’animal.
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Utilisation : Grillades, rôtis, steaks, brochettes, cuisson rapide.
3.2 Araignée
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Localisation : Bassin, près de l’onglet.
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Texture et goût : Morceau rare, très tendre, fibres fines.
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Utilisation : Poêlé, grillé, découpe en petites portions.
3.3 Basses-côtes
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Localisation : Partie avant de l’échine, proche du collier.
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Texture et goût : Muscles gélatineux, tendres si cuisson lente.
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Utilisation : Pot-au-feu, braisés, grillades longues.
3.4 Gîte
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Localisation : Jambes avant et arrière.
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Texture et goût : Riche en collagène, fibres fermes.
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Utilisation : Bouillons, pot-au-feu, plats mijotés, braisés.
3.5 Onglet
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Localisation : Muscle diaphragmatique interne, près de la croupe.
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Texture et goût : Très goûteux, fibres longues, goût prononcé.
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Utilisation : Grillades saignantes, poêlé, tranché fin.
3.6 Poire / Merlan
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Localisation : Petits muscles autour de la cuisse (intérieur de la cuisse).
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Texture et goût : Très tendres, peu de fibres, chair fine.
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Utilisation : Biftecks, rôtis fins, grillades.
3.7 Faux-filet
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Localisation : Partie dorsale, entre entrecôte et filet.
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Texture et goût : Moelleux, persillé.
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Utilisation : Steaks, rôtis, grillades.
3.8 Filet
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Localisation : Sous le faux-filet, longe centrale du dos.
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Texture et goût : Le morceau le plus tendre, peu gras.
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Utilisation : Tournedos, chateaubriand, cuisson rapide à poêler ou griller.
3.9 Rumsteck
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Localisation : Partie arrière, entrecôte courte et croupe.
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Texture et goût : Musclé mais tendre, peu persillé.
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Utilisation : Steaks, rôtis, brochettes, cuisson rapide ou mijotée.
3.10 Bavette d’aloyau
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Localisation : Partie basse de l’aloyau, côté ventral.
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Texture et goût : Fibres longues, goût prononcé.
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Utilisation : Grillades, poêlé, découpe contre fibres.
3.11 Hampe
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Localisation : Diaphragme, avant de l’onglet.
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Texture et goût : Fibres longues, très parfumé.
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Utilisation : Grillades, plancha, cuisson rapide.
3.12 Jarret
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Localisation : Bas de la jambe, avant et arrière.
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Texture et goût : Très gélatineux.
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Utilisation : Pot-au-feu, ragoûts, osso bucco (veau).
3.13 Queue
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Localisation : Extrémité caudale.
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Texture et goût : Très collagène, viande riche en goût.
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Utilisation : Ragoûts, soupes, sauces, cuisson longue.
3.14 Tendron
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Localisation : Partie ventrale, côte courte et cartilagineuse.
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Texture et goût : Gélatineux, viande fondante après cuisson lente.
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Utilisation : Braisé, pot-au-feu, cuisson longue.
3.15 Macreuse
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Localisation : Épaule, muscle épais.
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Texture et goût : Collagène modéré, ferme mais fondant après cuisson.
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Utilisation : Bourguignon, ragoûts, pot-au-feu.
3.16 Paleron
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Localisation : Épaule, muscle avant du cou.
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Texture et goût : Riche en collagène, fibres serrées.
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Utilisation : Braisé, mijoté, pot-au-feu.
4. Porcherie et charcuterie (termes spécifiques)
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Bardière : Gras dorsal du porc pour bardes.
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Embossage : Remplir un boyau avec farce (saucisses, pâtés).
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Échine : Haut du dos du porc, persillé.
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Mêlée : Mélange de viandes, épices et aromates.
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Pointe de sel : Début de la salaison du jambon.
5. Hygiène, sécurité et réglementation (HACCP)
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Abat / Issue : Parties non carcassières (cœur, foie, rognons, pieds).
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Chaîne du froid : Maintien viande 0–4 °C, haché +2 °C max.
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Carcasse : Animal écorché et éviscéré, prêt à maturation/découpe.
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Dandinement : Mouvement des quartiers, limiter pour éviter choc.
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Marche en avant : Organisation du labo pour éviter croisement produits bruts / finis.
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Saisie : Retrait de viande impropre par services vétérinaires.
6. Termes anciens et régionaux
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Boucher de gros : Vendeur de carcasses entières ou quartiers.
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Chevillard : Boucher qui abat et vend sur le crochet.
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Étau : Ancien nom de l’étal de découpe.
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Gogaille : Ancien boudin ou mélange de bas-morceaux.
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Mazette : Viande de mauvaise qualité ou animal chétif.
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Saignée : Ouverture des gros vaisseaux pour vidange du sang.
7. Métiers, lieux et organisation
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Boucher : Artisan découpant, désossant et préparant viandes.
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Charcutier : Spécialiste produits transformés (saucisses, pâtés, jambons…).
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Tripier : Spécialiste abats.
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Abattoir : Lieu d’abattage et inspection sanitaire.
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Atelier de découpe : Transforme carcasses en morceaux de vente.
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Laboratoire : Zone de hachage, marinades, charcuterie.
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Chambre froide : Stockage carcasses et morceaux.
8. Les grands types de viandes et produits animaux
8.1 Bœuf
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Origine : Bovins adultes, 18 mois à 5 ans selon race et alimentation.
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Couleur et texture : Rouge foncé, fibres moyennes à longues, persillé selon race.
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Maturation : 10 à 21 jours (dry-aged ou sous vide).
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Principaux morceaux : Aloyau (filet, faux-filet, entrecôte, rumsteck), collier, paleron, gîte, jarret, queue, bavette, onglet, macreuse, tendron.
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Utilisation : Grillades, rôtis, braisés, pot-au-feu, tartares, steaks hachés.
8.2 Veau
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Origine : Bovins jeunes (2 à 8 mois).
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Couleur et texture : Chair claire, très tendre, fibres fines.
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Maturation : 3 à 7 jours.
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Principaux morceaux : Filet, carré, épaule, poitrine, jarret, souris, ris de veau, langue.
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Utilisation : Rôtis, escalopes, blanquettes, osso bucco, terrines, farces.
8.3 Agneau / Mouton
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Origine : Ovins, agneau <12 mois, mouton >12 mois.
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Couleur et texture : Agneau rosé et tendre, mouton chair plus foncée et goût marqué.
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Principaux morceaux : Gigot, épaule, selle, côtes, poitrine, flanchet, souris.
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Utilisation : Rôtis, grillades, braisés, navarins, couscous, tajines.
8.4 Porc
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Origine : Suidés domestiques.
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Couleur et texture : Chair rose, fibres courtes, persillage moyen.
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Principaux morceaux : Échine, filet mignon, carré, poitrine, jambon, épaule, jarret, tête, oreilles, queue.
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Utilisation : Rôtis, grillades, braisés, charcuterie (saucisses, pâtés, jambons, boudins, terrines).
8.5 Cheval
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Origine : Chevaux de boucherie.
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Couleur et texture : Rouge sombre, fibres fines, faible persillage.
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Principaux morceaux : Filet, rumsteck, épaule, collier, jarret, bavette.
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Utilisation : Grillades, steaks, carpaccio, rôtis, steaks hachés.
8.6 Volaille
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Origine : Poulet, dinde, canard, pintade, oie.
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Couleur et texture : Chair blanche (poitrine), chair brune (cuisses et ailes), fibres fines.
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Principaux morceaux : Blancs, cuisses, ailes, filets, carcasse (bouillon).
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Utilisation : Rôtis, grillades, poêlées, bouillons, terrines, farces.
8.7 Gibier
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Origine : Sanglier, chevreuil, lièvre, faisan, canard sauvage, biche.
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Couleur et texture : Chair rouge foncée, fibres fines, faible gras.
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Principaux morceaux : Épaule, cuisse, filet, gigot, dos, collier.
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Utilisation : Rôtis, braisés, terrines, farces, pâtés, sauces corsées.
8.8 Reptiles et sauriens
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Origine : Crocodile, alligator, iguane, serpent (selon pays et réglementation).
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Couleur et texture : Chair ferme, fibres fines, goût proche du poulet ou du poisson selon l’espèce.
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Principaux morceaux : Filets pour grillades ou ragoûts, queues pour braisés, peau parfois utilisée.
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Utilisation : Grillades, brochettes, sautés, terrines exotiques.
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Particularités : Viande maigre, cuisson rapide pour filets, longue pour morceaux plus coriaces.
8.9 Amphibiens
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Origine : Grenouilles (cuisses), tritons (rare).
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Couleur et texture : Chair fine et délicate, fibres très tendres.
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Principaux morceaux : Cuisses (partie comestible principale).
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Utilisation : Poêlées, sautées, fritures, terrines spécifiques.
8.10 Mollusques
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Origine : Escargots terrestres (Helix), parfois marins.
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Couleur et texture : Chair ferme et élastique, saveur douce.
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Principaux morceaux : Corps entier (cuire avant utilisation), parfois haché pour farces.
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Utilisation : Escargots à la bourguignonne, farces, terrines de mollusques.
Note pédagogique :
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Ces catégories permettent aux professionnels et apprenants de comparer textures, maturation, morceaux, et techniques de cuisson.
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Chaque espèce nécessite un respect strict des normes sanitaires et réglementaires, notamment pour reptiles, amphibiens et mollusques (directive européenne sur hygiène et commerce des viandes exotiques).
9. Morceaux principaux par espèce
9.1 Bœuf
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Avant : Collier, paleron, macreuse, jumeau, plate-côte, tendron
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Milieu / arrière : Côte, entrecôte, faux-filet, filet, rumsteck, bavette, onglet, hampe
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Mijoter / bouillir : Gîte, jarret, queue
9.2 Porc
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Échine, carré/côtes, filet mignon, poitrine, épaule, jambon, jarret
9.3 Agneau
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Selle, gigot, épaule, côtes/carré, poitrine, souris
10. Abats et pièces particulières (version complète)
10.1 Abats rouges
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Définition : Organes riches en sang, goût prononcé et textures fermes.
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Exemples :
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Foie : très nutritif, poêlé, terrines, pâtés, farces.
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Cœur : braisé, mijoté, haché pour farce.
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Rognons : dénervés, blanchis, sautés, sauce.
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Rate : rare, parfois en terrine.
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Langue : bœuf, veau ou porc ; bouillie, pelée, tranchée en gelée ou sauce.
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Testicules (animaux jeunes, “ris de veau mâle” ou “animelles”) : poêlés, frits, braisés.
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Préparation et sécurité HACCP :
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Réfrigération ≤ 4 °C.
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Cuisson cœur ≥ 70 °C pour porc et volaille, 55–60 °C pour bœuf si consommé saignant.
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Nettoyage et dénervage pour éviter amertume et bactéries.
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10.2 Abats blancs
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Définition : Organes moins sanguins, riches en collagène, tendres après cuisson longue.
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Exemples :
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Tripes : estomacs, potée, mijotés, terrines.
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Pieds : bœuf, porc, veau ; gélatineux, bouillis, gelées, ragoûts.
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Têtes : fromages de tête, terrines.
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Cervelle : bœuf, veau, agneau ; poêlée, en omelette, pâté.
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Moelle osseuse : extraite des os longs ; rôtie, bouillon, farces.
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Ris de veau / thymus : tendre, fondant ; poêlé, terrine, en sauce.
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10.3 Préparations mixtes et charcutières
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Fromage de tête : Tête désossée + aromates + cuisson douce → terrine.
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Rillettes d’abats : Foie, cœur, rognons hachés, cuits dans graisse fondue.
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Terrines : Mélange abats rouges et blancs + farce + cuisson bain-marie.
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Andouillette : Intestins, panse, épices, boyau naturel.
10.4 Utilisations culinaires
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Plats mijotés / traditionnels : Tripes à la mode de Caen, pieds de porc braisés, langue sauce madère.
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Farces et pâtés : Ris, foie, cœur hachés intégrés.
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Cuissons rapides : Cervelle, testicules poêlés ou sautés.
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Gelées et aspics : Pieds, tête, langue, moelle.
10.5 Particularités nutritionnelles
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Abats : riches en protéines, vitamines B12, fer, zinc.
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Moelle et cervelle : riche en lipides et cholestérol ; à consommer avec modération.
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Testicules : riches en protéines et certains minéraux.
10.6 Précautions hygiène et sécurité
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Maintenir chaîne du froid ≤ 4 °C.
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Blanchir certains abats (tripes, rognons, foie) avant cuisson pour enlever impuretés.
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Éviter contamination croisée avec viande crue ou produits prêts à consommer.
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Nettoyer et désinfecter couteaux, planches et ustensiles après chaque manipulation.
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Respecter les normes HACCP pour cuisson, conservation et stockage.
10.7 Particularités régionales
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France : Tripes à la mode de Caen, cervelle lyonnaise, pieds de porc à la parisienne, ris de veau à la lyonnaise.
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Europe : Animelles à poêler (Italie, Espagne), moelle rôtie (Allemagne, Autriche).
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Amérique Latine : Tacos de cabeza (langue, cerveau, joues), brochettes de testicules.
11. Opérations techniques de boucherie
11.1 Abattre
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Définition : Mise à mort de l’animal selon protocole réglementaire (bien-être, hygiène).
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Objectif : Obtenir la carcasse propre et intacte pour transformation.
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Précautions : Respecter la réglementation (Code rural et sanitaire), immobiliser l’animal pour éviter stress et contamination.
11.2 Saigner
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Définition : Evacuation du sang immédiatement après abattage.
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Objectif : Assurer bonne conservation et couleur de la viande.
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Conseils HACCP : Collecter le sang séparément, surfaces propres, éviter contamination croisée.
11.3 Dépouiller
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Définition : Retirer la peau (cuir, plumes ou poils selon espèce).
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Morceaux concernés : Tous les animaux abattus (bovins, ovins, porcins, volailles).
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Objectif : Accès aux muscles, sécurité sanitaire.
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Précautions : Outils propres et désinfectés, éviter perforation du muscle.
11.4 Éviscérer
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Définition : Retirer les viscères (intestins, estomac, foie, cœur, rognons).
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Objectif : Prévenir contamination microbienne et obtenir carcasse prête à maturer.
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Précautions : Ne pas percer intestins ; laver mains et plan de travail ; respecter marche en avant.
11.5 Fendre
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Définition : Couper la carcasse dans le sens de la longueur pour obtenir demi-carcasses.
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Objectif : Faciliter le désossage et la maturation.
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Conseils : Utiliser scie ou couteau spécialisé, maintenir stabilité de la carcasse.
11.6 Désosser
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Définition : Retirer les os des masses musculaires.
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Morceaux concernés : Rôtis, pavés, steaks, filets.
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Objectif : Préparer pièces de vente ou charcuterie.
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HACCP / Conseils : Nettoyer immédiatement couteaux, séparer os et viande.
11.7 Parer
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Définition : Enlever excès de gras, nerfs, membranes, parties abîmées.
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Objectif : Obtenir pièce nette, esthétique et qualité gustative.
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Conseils : Parer selon utilisation finale (grillade, rôtissage, farces).
11.8 Dénerver
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Définition : Retirer les nerfs, aponévroses ou tissus fibreux.
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Objectif : Améliorer tendreté et présentation.
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Morceaux concernés : Filet, rumsteck, onglet, tendron.
11.9 Dégraisser
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Définition : Enlever partie de la graisse de couverture.
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Objectif : Contrôler ratio gras/maigre, faciliter cuisson ou hachage.
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Conseils : Conserver partie de graisse pour charcuterie ou cuisson.
11.10 Dépiécer / Détailler
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Définition : Découper la carcasse en morceaux de gros, puis en morceaux de détail.
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Objectif : Préparer pièces de vente selon marché ou recette.
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Morceaux : Rôtis, steaks, côtes, pavés.
11.11 Trancher
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Définition : Découper en tranches fines ou épaisses selon utilisation (steaks, escalopes, carpaccio).
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Conseils : Couteaux bien affûtés, respect fibres musculaires pour tendreté.
11.12 Hacher
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Définition : Passer viande au hachoir pour farces, pâtés, saucisses ou steaks hachés.
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Objectif : Obtenir texture homogène, faciliter assaisonnement et cuisson.
-
HACCP : Viande ≤ 4 °C, hachoir désinfecté, éviter contamination croisée.
11.13 Embosser
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Définition : Remplir un boyau naturel ou artificiel avec une farce (saucisses, boudins, pâtés en boyau).
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Objectif : Former charcuterie, uniformité et cuisson homogène.
-
Conseils : Ne pas laisser bulles d’air, respecter températures.
11.14 Barder
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Définition : Entourer pièce maigre (rôti) de fines tranches de lard.
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Objectif : Protéger viande pendant cuisson, ajouter goût et moelleux.
-
Morceaux : Filet de bœuf, carré d’agneau, volaille maigre.
11.15 Larder
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Définition : Piquer morceaux de lard ou bacon à l’intérieur de la viande avec aiguille ou lardons.
-
Objectif : Ajouter gras, humidité et saveur.
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Morceaux : Filet, rôti maigre, volailles.
12. Préparations bouchères et charcutières (détaillées)
12.1 Steak / Pavé
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Définition : Tranche de muscle destinée à la cuisson rapide.
-
Morceaux utilisés : rumsteck, filet, onglet, faux-filet, poire.
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Graisse / liants : faible, la graisse intramusculaire suffit au moelleux (persillé recommandé 2–5 %).
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Proportions : 90–95 % viande, 5–10 % gras naturel.
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Techniques : découpe régulière, fibres perpendiculaires à la coupe.
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Hygiène / HACCP : viande ≤ 4 °C avant découpe, plan de travail désinfecté, éviter contamination croisée.
12.2 Escalope
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Définition : Fine tranche de viande tendre, cuite rapidement.
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Morceaux utilisés : veau (filet, noix), volaille (blanc de poulet ou dinde).
-
Graisse / liants : souvent faible, un peu de beurre ou crème à cuisson possible.
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Proportions : 95 % viande, 5 % matières grasses ajoutées si cuisson.
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Conseil : attendrir avec attendrisseur ou marinade légère.
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Hygiène / HACCP : respecter chaîne du froid, surfaces propres, éviter exposition prolongée à température ambiante.
12.3 Rôti
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Définition : Pièce de viande entière, ficelée, destinée au four ou braisage.
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Morceaux utilisés : échine, filet, carré, gigot, épaule selon espèce.
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Graisse / liants : larder ou barder pour éviter dessèchement, 10–20 % de gras additionnel si maigre.
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Techniques : ficelage uniforme, insertion bâtonnets de lard dans muscles maigres.
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Cuisson : four à chaleur sèche ou braisé, cœur ≥ 70 °C (bœuf peut varier selon cuisson désirée).
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Hygiène / HACCP : manipulation sur surface désinfectée, cuisson complète pour sécurité alimentaire.
12.4 Brochette
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Définition : Cubes de viande (souvent marinés) montés sur brochette avec ou sans légumes.
-
Morceaux utilisés : gigot, épaule, rumsteck, filet, poitrine pour porc.
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Graisse / liants : cubes avec 5–15 % gras suffisant pour cuisson uniforme et jutosité.
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Conseil : marinades acides ou huile + épices pour attendrir et aromatiser.
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Hygiène / HACCP : viande ≤ 4 °C avant montage, éviter contact avec légumes crus si cuisson séparée.
12.5 Farce
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Définition : Mélange haché de viande, gras, aromates et liants pour pâtés, terrines, légumes farcis ou saucisses.
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Morceaux utilisés : porc (échine, poitrine), veau, volaille, gibier, poissons, légumes, céréales.
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Graisses : 15–30 % selon type de farce, porc 20–30 % idéal pour pâté rustique, volaille 10–15 %.
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Liants : œufs (10–15 %), panade, crème ou fromage frais selon texture désirée.
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Morceaux : <2 mm pour farces fines, 3–10 mm pour rustiques ou pâtés terrines.
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Hygiène / HACCP : viande et poisson ≤ 4 °C, surfaces propres, cuisson cœur ≥ 70 °C.
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Conseil pédagogique : goûter et ajuster sel/épices avant cuisson, incorporation graisses à froid.
12.6 Terrine
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Définition : Préparation cuite dans un moule, servie froide, souvent composée de farce hachée ou mixte.
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Composition : farce de viande ou gibier, gras, aromates, parfois œufs ou crème pour liaison.
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Proportions : 70–80 % viande, 20–30 % graisses/liants.
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Techniques : cuisson bain-marie douce, pressage pour tenue, refroidissement sur grille.
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Hygiène / HACCP : cuisson complète, refroidissement rapide, stockage ≤ 4 °C.
12.7 Rillettes
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Définition : Viande effilochée cuite longuement dans sa graisse, conservée dans pots.
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Morceaux utilisés : poitrine, échine, jarret, cou, gras de couverture.
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Graisse / liants : 30–50 % de gras selon recette, assure conservation et texture fondante.
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Techniques : cuisson lente (2–6 h), effilochage, remplissage pots chauds.
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Hygiène / HACCP : cuisson complète, éviter réfrigération tardive, pots propres et stérilisés.
12.8 Saucisse
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Définition : Farce assaisonnée embossée dans un boyau naturel ou artificiel.
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Morceaux utilisés : mélange porc maigre et gras, parfois veau ou volaille.
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Graisses : 20–30 % pour texture moelleuse.
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Liants : œufs, crème, panade si recette.
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Morceaux : hachage fin (<3 mm) pour saucisses fines, 5–10 mm pour saucisses rustiques.
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Hygiène / HACCP : viande ≤ 4 °C, boyaux propres, cuisson cœur ≥ 70 °C (saucisses à cuire).
12.9 Boudin
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Définition : Charcuterie à base de sang (boudin noir) ou lait/viande (boudin blanc).
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Graisses / liants : 15–25 % graisse et 10 % liants (œufs, crème, lait) pour texture onctueuse.
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Morceaux : hachage fin pour homogénéité.
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Hygiène / HACCP : cuisson complète pour boudin noir et blanc, stockage ≤ 4 °C.
12.10 Jambon cru et cuit
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Jambon cru : cuisse de porc salée, parfois fumée, affinée (Bayonne, Parme)
-
Jambon cuit : cuisse de porc cuite après salage, parfois en terrine ou en bloc.
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Graisses : couverture naturelle (persillé) 5–15 %, selon coupe.
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Liants : pour jambons en bloc, ajout léger de gelée ou panade pour maintien.
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Hygiène / HACCP : respect des phases de salage, séchage, cuisson et stockage.
13. Techniques de cuisson en boucherie et charcuterie
13.1 Griller
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Définition : Cuisson rapide à forte chaleur, sur grill, barbecue ou plancha.
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Morceaux adaptés : Steaks, entrecôtes, pavés, côtes d’agneau, brochettes.
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Température / Durée : 200–250 °C, 2–8 min selon épaisseur et cuisson désirée.
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Objectif : Caramélisation des sucres et protéines (réaction de Maillard), texture juteuse à cœur.
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HACCP / conseils : Ne pas déposer viande directement sortie du froid sur chaleur extrême (risque choc thermique) ; cuisson cœur selon type de viande (bœuf saignant 55–60 °C, porc 70 °C).
13.2 Poêler / Saisir
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Définition : Cuisson rapide dans poêle ou sauteuse chaude avec matière grasse.
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Morceaux adaptés : Escalopes, filet, foie, morceaux fins de volaille ou veau.
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Température / Durée : Feu moyen à vif, 1–5 min selon épaisseur.
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Objectif : Former croûte savoureuse, conserver moelleux à cœur.
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HACCP / conseils : Utiliser graisse stable (beurre clarifié ou huile) pour éviter fumées nocives ; cuisson cœur ≥ 70 °C pour volaille/porc.
13.3 Rôtir
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Définition : Cuisson au four à chaleur sèche, souvent en arrosant la viande de jus ou graisse.
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Morceaux adaptés : Rôti d’échine, gigot, carré d’agneau, filets bardés.
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Température / Durée : 160–200 °C, 20–45 min/kg selon type de viande.
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Objectif : Cuisson uniforme, formation croûte brune, préservation jus intérieur.
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HACCP / conseils : Contrôler température cœur ≥ 70 °C (porc/volaille), 55–60 °C bœuf saignant.
13.4 Braiser
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Définition : Cuisson lente à couvert avec fond aromatique liquide.
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Morceaux adaptés : Jarret, paleron, tendron, épaules.
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Température / Durée : 120–150 °C, 2–6 h selon taille.
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Objectif : Attendrir fibres musculaires gélatineuses, développer arômes.
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HACCP / conseils : Cuisson complète obligatoire, refroidissement rapide du reste ≤ 4 °C.
13.5 Mijoter
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Définition : Cuisson lente à faible frémissement dans liquide aromatisé.
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Morceaux adaptés : Morceaux gélatineux (jarret, queue, collier), abats.
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Température / Durée : 85–95 °C, 1–5 h.
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Objectif : Gélatinisation du collagène, conservation jus et arômes.
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HACCP / conseils : Maintenir liquide à température stable ; refroidir rapidement si conservation >2 h.
13.6 Bouillir
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Définition : Cuisson dans grand volume d’eau ou bouillon.
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Morceaux adaptés : Os pour bouillons, pot-au-feu, abats (tripes, langue).
-
Température / Durée : 100 °C, 1–6 h selon type de viande.
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Objectif : Extraire saveur, attendrir fibres et tissus conjonctifs.
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HACCP / conseils : Maintenir ébullition continue, éviter contamination croisée avec autres ingrédients crus.
13.7 Blanchir (viande)
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Définition : Plonger viande dans eau froide, puis porter à ébullition pour éliminer impuretés et excès de sang.
-
Morceaux adaptés : Abats, os, morceaux gras pour charcuterie ou bouillon.
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Température / Durée : Eau froide → ébullition 5–15 min.
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Objectif : Nettoyage, amélioration couleur, goût et tenue.
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HACCP / conseils : Jeter eau de blanchiment ; ne jamais réutiliser pour cuisson.
13.8 Snacker
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Définition : Saisie très rapide à chaleur très élevée (plaque ou poêle) pour petites pièces.
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Morceaux adaptés : Cubes de viande pour brochettes, morceaux de pavé, steaks minces.
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Température / Durée : 250–300 °C, 30–90 s selon épaisseur.
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Objectif : Coloration intense rapide, maintien moelleux.
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HACCP / conseils : Cuisson rapide → contrôler cœur si nécessaire, éviter contamination croisée.
13.9 Mariner
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Définition : Repos de viande dans mélange liquide aromatisé pour attendrir et parfumer.
-
Morceaux adaptés : Steaks, pavés, rôtis, brochettes.
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Composants : Liquide acide (vin, vinaigre, citron), huile, herbes, épices.
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Durée : 30 min à 24 h selon type et taille.
-
Objectif : Attendrissement, développement arômes, coloration ultérieure à la cuisson.
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HACCP / conseils : Réfrigération ≤ 4 °C, ne jamais réutiliser marinade crue pour cuisson finale sans traitement thermique.
13.10 Cuisson en coque de sel
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Définition : Envelopper la viande d’une couche de sel avant cuisson pour retenir jus et arômes.
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Morceaux adaptés : Rôtis entiers, gigot, filet de bœuf, volaille entière.
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Température / Durée : 160–180 °C, 25–40 min/kg selon taille.
-
Objectif : Cuisson uniforme, viande juteuse, croûte aromatique.
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HACCP / conseils : Ne pas réutiliser sel contaminé ; vérifier cœur ≥ 70 °C pour viandes sensibles.
13.11 Cuisson en enduit d’argile
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Définition : Recouvrir la viande d’argile alimentaire ou pâte avant cuisson au four ou feu de bois.
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Morceaux adaptés : Rôtis, volaille entière, gigots.
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Température / Durée : 150–200 °C, 1–2 h selon épaisseur.
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Objectif : Conservation des jus et saveurs, texture tendre, parfum boisé si cuisson sur braises.
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HACCP / conseils : Argile alimentaire certifiée ; ne pas consommer la croûte après cuisson.
13.12 Cuisson tandouri (four indien)
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Définition : Cuisson verticale dans four en terre cuite, très haute température, pour viande ou volailles marinées.
-
Morceaux adaptés : Poulet entier, brochettes, rôtis de porc ou agneau.
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Température / Durée : 250–350 °C, 20–60 min selon taille.
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Objectif : Caramélisation rapide, extérieur croustillant, intérieur juteux.
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HACCP / conseils : Cuisson complète obligatoire ; respecter rotation et distances pour éviter contamination.
13.13 Cuisson sous terre (four pit / cuisson à l’étouffée)
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Définition : Enfouir viande ou volaille dans fosse recouverte de terre et braises, cuisson lente.
-
Morceaux adaptés : Porcelet, gigot, jarret, volaille entière.
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Température / Durée : 90–120 °C, 4–8 h selon taille.
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Objectif : Cuisson uniforme, viande extrêmement tendre, arômes fumés et terreux.
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HACCP / conseils : Utiliser feuille ou récipient étanche pour éviter contact direct avec terre ; s’assurer cuisson cœur ≥ 70 °C.
13.14 Cuisson à l’acide / “Ceviché”
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Définition : Cuisson chimique de la viande, du poisson ou des fruits de mer par l’action d’un acide (citron, vinaigre, lime).
-
Morceaux adaptés : Poissons fermes (cabillaud, bar, saumon), fruits de mer (crevettes, coquilles Saint-Jacques), viandes très fines ou tranchées (carpaccio mariné).
-
Composants : Jus d’agrumes, vinaigre, épices, herbes aromatiques.
-
Durée : 10–60 min selon acidité, taille et type de protéine.
-
Objectif : “Cuire” par dénaturation des protéines, conserver textures et fraîcheur, parfum aromatique.
-
HACCP / conseils :
-
Toujours réfrigérer ≤ 4 °C pendant macération.
-
Les acides ne détruisent pas tous les pathogènes (Listeria, Salmonella), donc limiter consommation crue aux poissons et viandes de qualité extra fraîche, idéalement surgelés au préalable.
-
Ne pas réutiliser jus cru.
-
13.15 Cuisson en marinade chaude / “acidulée”
-
Définition : Cuisson dans un liquide aromatisé et légèrement acide (citron, vinaigre, vin blanc) pour attendrir et parfumer.
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Morceaux adaptés : Morceaux maigres (filet de porc, poulet, veau), morceaux de poisson.
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Température / Durée : 80–95 °C, 15–45 min selon taille.
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Objectif : Attendrir fibres, infuser arômes, conserver moelleux.
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HACCP / conseils : Maintenir liquide à température stable ; cuisson complète nécessaire pour viandes sensibles.
13.16 Macération longue à froid (marinade style “poke” ou tartare mariné”)
-
Définition : Mariner viande, poisson ou fruits de mer crus dans un mélange acide et aromatique sans cuisson thermique.
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Morceaux adaptés : Poisson cru ferme, fruits de mer, viande très fraîche tranchée finement.
-
Durée : 30 min à 24 h selon acidité et taille.
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Objectif : Parfum, légère modification de texture, conservation temporaire.
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HACCP / conseils :
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Réfrigérer ≤ 4 °C pendant toute la macération.
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Toujours utiliser des produits très frais, idéalement surgelés avant consommation.
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Déguster rapidement, ne pas conserver >24 h.
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14. Hygiène, conservation et sécurité en boucherie-charcuterie
14.1 Chaîne du froid
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Définition : Maintien de la viande, des farces et produits charcutiers à des températures réglementaires du producteur jusqu’au consommateur.
-
Normes légales (UE / France) :
-
Viande fraîche : 0 à +4 °C
-
Viande hachée / préparations à base de viande : ≤ +2 °C
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Produits surgelés : ≤ –18 °C
-
-
Objectifs : ralentir la prolifération microbienne, préserver texture, couleur et saveur.
-
HACCP / conseils : vérifier températures réfrigérateurs et vitrines ; stocker viande crue séparée des produits cuits.
14.2 DLC / DDM (Date Limite de Consommation / Durabilité Minimale)
-
DLC : pour produits périssables (viande fraîche, farces, pâtés cuits) → ne pas consommer après cette date.
-
DDM : pour produits secs ou stables (charcuterie sèche, saucissons secs) → date indicatrice de qualité, pas de sécurité alimentaire immédiate.
-
Obligations légales : articles R. 214‑1 à R. 214‑4 du Code de la consommation (France), règlement (UE) n°1169/2011 pour étiquetage.
-
Pratiques : consigner date de réception et date limite sur chaque lot, rotation FIFO.
14.3 Contamination croisée
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Définition : transfert de micro-organismes pathogènes ou allergènes d’un produit à un autre.
-
Règles de prévention :
-
Séparer zones crues et cuites (marche en avant).
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Code couleur pour plan de travail et ustensiles (ex. rouge : viande crue, bleu : poissons, vert : légumes).
-
Lavage de mains obligatoire entre manipulations.
-
Utiliser tabliers et gants différents pour chaque zone.
-
-
Normes : respect du règlement (CE) n°852/2004 relatif à l’hygiène des denrées alimentaires.
14.4 Nettoyage et désinfection
-
Définition : élimination des salissures puis destruction des micro-organismes.
-
Pratiques professionnelles :
-
Plan de nettoyage journalier et hebdomadaire pour plans, hachoirs, couteaux, ustensiles, chambres froides.
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Produits autorisés : détergents et désinfectants réglementés (norme EN 1276 pour bactéries).
-
Rinçage complet pour éviter résidus chimiques.
-
-
HACCP : documentation obligatoire des opérations de nettoyage et désinfection.
14.5 Traçabilité
-
Définition : suivi complet d’un produit depuis la réception jusqu’à la vente.
-
Normes légales : règlement (CE) n°178/2002 (traçabilité des denrées alimentaires dans l’UE).
-
Pratiques :
-
Enregistrer fournisseurs, numéro de lot, date réception.
-
Consigner transformations (hachage, mélange, cuisson, conditionnement).
-
Permet de rappeler un lot en cas de danger sanitaire.
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14.6 HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point)
-
Principe : identifier, évaluer et maîtriser les dangers microbiologiques, chimiques et physiques.
-
Points critiques pour boucherie-charcuterie :
-
Réception des viandes et matières premières
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Stockage et maintien en chaîne du froid
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Hachage et mélange de farces
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Assaisonnement et incorporation graisses/liants
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Cuisson et refroidissement
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Emballage et conservation
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Documentation : registres de température, nettoyage, suivi des lots et actions correctives.
14.7 Bonnes pratiques professionnelles (BPH)
-
Lavage régulier des mains et port de tenue propre.
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Désinfection des plans, ustensiles, machines et locaux.
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Respect des températures critiques : ≤ 4 °C pour produits crus, ≥ 70 °C pour cuisson cœur.
-
Rotation des stocks (FIFO), éviter surstockage.
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Contrôles microbiologiques périodiques pour assurer sécurité des produits.
14.8 Points réglementaires spécifiques (France / UE)
-
Règlement (CE) n°852/2004 : hygiène générale des denrées alimentaires.
-
Règlement (CE) n°853/2004 : règles spécifiques pour produits d’origine animale (viande, charcuterie, poissons).
-
Code de la consommation (France) : articles R. 214‑1 à R. 214‑4, obligations d’étiquetage et DLC.
-
ISO 22000 / certification HACCP : normes internationales pour systèmes de gestion de la sécurité alimentaire.