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Recette authentique du bonbon piment — beignet épicé de légumineuses, street food emblématique de l'île Maurice

Recette authentique du bonbon piment — beignet épicé de légumineuses, street food emblématique de l'île Maurice

Gato pima (créole mauricien) Nom d'origine tamoule : பருப்பு வடை (paruppu vadai)

Étymologie : du créole mauricien — « gato » (déformation de « gâteau », terme générique désignant tout beignet salé ou sucré à Maurice) + « pima » (déformation de « piment »). Le terme « bonbon piment » est la dénomination réunionnaise et française du même beignet.


Beignet frit de pois cassés jaunes aux épices indiennes, héritage de l'engagisme indo-mauricien du XIXe siècle — gajdak incontournable de la street food mauricienne.

« Découvrez la recette traditionnelle du bonbon piment, spécialité emblématique de l'île Maurice, reconnue pour son authenticité, son héritage indo-créole et son rôle central dans la culture de rue mauricienne depuis le XIXe siècle. »


APPELLATIONS ET IDENTITÉ

Nom principal en créole mauricien : Gato pima Nom en français mauricien : Gâteau piment Nom d'origine tamoule : பருப்பு வடை (paruppu vadai)

Variantes dialectales attestées :

  • Bonbon piment : appellation réunionnaise et française du même beignet
  • Dholl cake : dénomination anglophone à Maurice et dans la diaspora
  • Chilli cake : traduction anglaise courante à l'international

⚠️ À Maurice, le mot « gato » ne désigne pas exclusivement une douceur sucrée — il englobe l'ensemble des beignets salés et sucrés frits, vendus par les marchands gato dans les rues et bazars.


VARIANTES ET VERSIONS RÉGIONALES

Version mauricienne traditionnelle (référence) : pois cassés jaunes (dholl), piment vert, coriandre (cotomili), échalotes, oignon, cumin en poudre, sel. Forme de galette légèrement aplatie, parfois percée en son centre. Friture à 150–160 °C.

Version réunionnaise (bonbon piment) : base de pois du Cap (gros haricots blancs), gingembre, feuilles de caloupilé (curry leaves), ciboulette, curcuma. Forme de boulette aplatie. Profil aromatique légèrement différent, plus herbacé.

Version enrichie : ajout de feuilles de caloupilé, gingembre râpé, curcuma pour une coloration dorée plus marquée et des notes terreuses plus prononcées.

Version diaspora familiale : pois cassés remplacés par pois chiches ou lentilles corail si pois cassés jaunes non disponibles ; coriandre sèche en substitution de fraîche.

Version contemporaine gastronomique : beignet cuit au four (moins fidèle à l'original mais plus léger) ; déclinaison en mini-bouchées pour service à l'assiette ; incorporation dans un burger mauricien avec chutney coriandre et pain beurré.

Version festive : préparation en curry (cari bari) lors de grandes fêtes telles que le Ganesh Chaturthi — les gato pima y constituent l'un des plats du repas rituel.

Évolution de la recette

Période d'apparition estimée : seconde moitié du XIXe siècle, dans le sillage de l'arrivée des travailleurs indiens engagés (1834–1907).

Ingrédients ajoutés au fil du temps : feuilles de caloupilé, curcuma, gingembre — enrichissements progressifs par adaptation aux ingrédients locaux disponibles à Maurice.

Adaptations modernes : version au four pour usage domestique sans friture profonde ; congélation de la pâte crue en portions ; commercialisation en sachets de pâte prête à frire dans certaines épiceries mauriciennes.


CATÉGORISATION

  • Type de plat : Gajdak / Amuse-gueule / Street food / Snack salé
  • Service : Traditionnel / Street food / Traiteur / Restauration rapide
  • Rendement : Environ 25 à 30 pièces pour 250 g de pois cassés
  • Niveau technique : Facile
  • Public cible : Grand public / Professionnel / Formation

ORIGINE GÉOGRAPHIQUE ET STATUT

  • Pays : Île Maurice (République de Maurice)
  • Région / micro-terroir : Tout l'archipel mauricien — vendu dans les rues, bazars et stands de toutes les villes et villages de l'île
  • Villes de référence pour la street food : Port-Louis (capitale), Quatre Bornes, Curepipe
  • Origine et transmission : Héritage direct du paruppu vadai tamoul, apporté par les travailleurs engagés du sud de l'Inde (Tamil Nadu) et du nord (Bihar, Uttar Pradesh) entre 1834 et 1907 ; transmission orale et familiale exclusive
  • Statut officiel : Aucun statut IGP ou AOP ; patrimoine culinaire populaire non formellement protégé
  • Recette codifiée : Non — transmission orale et familiale exclusive ; chaque famille mauricienne possède sa version
  • Organisme de certification : Aucun

CONTEXTE CULTUREL ET HISTORIQUE

Dicton

« Enn gato pima ar dipin beré, sa li bon pou tou letan » — « Un gâteau piment avec du pain beurré, c'est bon pour toute heure. » (expression populaire créole mauricienne)

Légende

On raconte que les premiers marchands gato de Port-Louis étaient des femmes indiennes engagées qui, une fois libérées de leurs obligations contractuelles dans les champs de canne à sucre, s'installèrent dans les rues de la capitale avec leur mortier et leurs épices pour vendre les beignets de leur pays natal. Ce commerce informel, toléré puis intégré à la vie urbaine mauricienne, aurait constitué pour beaucoup la première forme d'émancipation économique accessible aux femmes de la communauté indo-mauricienne.

Historique détaillé

1. Origine du plat

Le gato pima trouve ses racines dans le paruppu vadai (பருப்பு வடை) du sud de l'Inde — beignet frit à base de pois cassés ou de lentilles, assaisonné de piment, de cumin et de feuilles de curry, omniprésent dans la cuisine tamoule et télougou. Ce beignet était préparé quotidiennement dans les foyers du Tamil Nadu et de l'Andhra Pradesh, aussi bien comme en-cas de rue que comme offrande lors des cérémonies religieuses hindoues.

Entre 1835 et 1907, quelque 500 000 Indiens, originaires principalement du Bihar, de l'Uttar Pradesh, du Tamil Nadu et de l'Andhra Pradesh, firent le voyage vers l'île Maurice dans le cadre du système de l'engagisme, pour remplacer les esclaves africains affranchis dans les plantations de canne à sucre. Ils apportèrent avec eux leurs légumineuses, leurs épices et leurs techniques de cuisine — parmi lesquelles le vadai, ancêtre direct du gato pima.

2. Influences culturelles et échanges

Le gato pima illustre parfaitement la créolisation culinaire mauricienne : recette tamoule de base, adaptée aux ingrédients disponibles localement (substitution des lentilles noires urad dal par les pois cassés jaunes plus accessibles à Maurice), assaisonnée selon les goûts créoles (ajout de coriandre fraîche cotomili, réduction progressive du piquant selon les familles), et intégrée à des modes de consommation proprement mauriciens — servi dans un pain beurré pour le petit-déjeuner, accompagné d'un thé au lait (dité dilé), ou en apéritif (gajdak) lors des rassemblements familiaux et des fêtes de quartier.

Plus de 450 000 travailleurs indiens ont marqué l'histoire de l'île. Au fil du temps, leurs traditions culinaires se sont mêlées aux ingrédients locaux et aux influences franco-créoles, donnant naissance à la cuisine indo-mauricienne : une fusion vibrante que l'on retrouve aussi bien dans les foyers que sur les étals de rue et lors des grandes célébrations.

3. Évolutions techniques et culinaires

La technique originelle utilisait le mortier en pierre volcanique (roche cari) pour broyer les pois trempés — geste identique au paruppu vadai indien. Le mixeur électrique, adopté dans les foyers mauriciens à partir des années 1960–1970, a standardisé la texture et accéléré la production, permettant aux marchands gato de préparer de grandes quantités pour les bazars du matin. La congélation de la pâte crue est une adaptation contemporaine qui permet aux familles mauriciennes de la diaspora de disposer à tout moment de cette préparation.

Le gato pima fait partie de la culture street food mauricienne, c'est ce que l'on appelle en créole un gajdak — l'équivalent local de l'apéritif ou des tapas — que l'on peut manger à toute heure, car les Mauriciens aiment grignoter en toutes occasions.


CHEFS, MAISONS ET VERSIONS DE RÉFÉRENCE

Chefs de référence :

  • Shelina Permaloo — chef mauricienne, gagnante de MasterChef UK 2012, auteure de Sunshine on a Plate — a contribué à faire connaître le gato pima à l'international
  • Leslie (Je cuisine Créole) — blogueuse culinaire mauricienne — référence populaire pour la recette traditionnelle en ligne

DESCRIPTION CULINAIRE

Présentation

  • Aspect : galette légèrement aplatie ou boulette de 4 cm de diamètre environ, croûte dorée à brun clair, parfois percée en son centre — couleur jaune dorée à ocre
  • Texture : croustillant à l'extérieur, moelleux et fondant à l'intérieur — contraste de textures caractéristique
  • Arômes dominants : cumin, coriandre fraîche, piment, légumineuse chaude — profil aromatique épicé, végétal, légèrement terreux

Particularités culinaires

La caractéristique technique fondamentale du gato pima est l'absence totale de liant ajouté (ni farine, ni œuf) : c'est la pâte de pois cassés broyés qui assure sa cohésion. Un broyage insuffisant ou des pois trop humides donnent des beignets qui se défont à la friture. La maîtrise de la texture de la pâte — ni trop sèche ni trop humide — est le point de contrôle critique de la recette.

Ingrédients identitaires incontournables

Pois cassés jaunes (dholl), piment vert frais, coriandre fraîche (cotomili), cumin — ces quatre éléments définissent l'identité aromatique du gato pima mauricien traditionnel.


USTENSILES

  • Mortier en pierre volcanique (roche cari) — méthode traditionnelle de référence
  • Mixeur ou robot coupe — méthode contemporaine
  • Sauteuse à fond épais ou friteuse
  • Thermomètre de friture (contrôle de la température de l'huile)
  • Écumoire ou araignée
  • Papier absorbant
  • Récipient hermétique pour conservation de la pâte

INGRÉDIENTS

(Rendement cible : 25 à 30 pièces — 6 à 8 portions en apéritif)

Ingrédient Nom créole mauricien Quantité Poids approx.
Pois cassés jaunes secs Dholl 250 g 250 g
Piment vert frais Pima ver 2 pièces ~15 g
Coriandre fraîche Cotomili 2 c.à.s. hachées ~10 g
Échalotes Zechalot 2 c.à.s. hachées ~20 g
Oignon Zonion 1 petit ~60 g
Cumin en poudre Cumin 1 c.c. ~3 g
Sel Dilo disel Au goût ~4 g
Huile de friture (tournesol) Dilwil Suffisamment pour frire ~500 ml
Levure chimique (optionnelle) ¼ c.c. ~1 g

Variantes acceptées :

  • Ajout de feuilles de caloupilé (curry leaves) pour une note supplémentaire
  • Ajout de gingembre frais râpé pour plus de chaleur
  • Ajout de curcuma pour coloration dorée plus marquée
  • Pois du Cap (gros haricots blancs) : variante réunionnaise — texture légèrement différente

Variantes non conformes à la tradition mauricienne :

  • Pois chiches ou lentilles corail : modification du profil aromatique et de la texture
  • Farine de blé en liant : dénature la légèreté et le moelleux caractéristique
  • Épices en poudre à la place des ingrédients frais

PRÉPARATION ET MÉTHODE

Informations générales

  • Temps de trempage : 3 heures minimum, idéalement toute une nuit
  • Temps de mise en place : 15 min
  • Temps de préparation active (retrait de la peau, broyage) : 20–30 min
  • Temps de friture : 3–4 min par fournée
  • Temps total de production : 30–40 min (hors trempage)
  • Rendement : 25–30 pièces
  • Poids cible par pièce : ~15–20 g
  • Température de friture : 150–160 °C

Objectifs techniques

  • Texture finale : croustillant à l'extérieur, moelleux à l'intérieur, uniformément doré
  • Cohésion : beignet maintenant parfaitement sa forme à la friture sans se défaire
  • Régularité : calibrage homogène (~4 cm de diamètre), coloration uniforme, absence de zone crue

Étapes détaillées

1. Mise en place et trempage

La veille : laver les pois cassés jaunes à l'eau froide puis les mettre à tremper dans un grand volume d'eau froide pendant toute une nuit (minimum 3 heures). Le trempage est non négociable — des pois insuffisamment trempés ne se broieront pas correctement et donneront une pâte granuleuse.

Le jour J : préparer et peser tous les ingrédients. Préparer une surface de façonnage légèrement huilée. Chauffer l'huile de friture à température.

2. Égouttage et retrait de la peau

Égoutter les pois trempés. Retirer la peau de chaque pois en les pressant doucement entre les doigts — la peau se détache facilement après trempage. Cette étape est essentielle : la peau résiduelle alourdit la texture et donne un résultat moins moelleux.

⚠️ Ne pas sécher excessivement les pois après égouttage — une légère humidité résiduelle est nécessaire pour faciliter le broyage et assurer la cohésion de la pâte.

3. Broyage / mixage

Au mortier (roche cari) — méthode traditionnelle : piler les pois égouttés par petites quantités jusqu'à obtention d'une pâte légèrement granuleuse — texture légèrement grasse et collante, pas complètement lisse.

Au mixeur — méthode contemporaine : mixer les pois par impulsions successives. Ne pas surbroyer — une légère texture est souhaitable pour la tenue des beignets. Ne pas ajouter d'eau : utiliser uniquement l'humidité naturelle des pois trempés.

Transférer la pâte obtenue dans un saladier.

4. Assaisonnement et mélange

Incorporer à la pâte de pois : le piment vert finement haché, la coriandre hachée, les échalotes émincées, l'oignon haché, le cumin en poudre et le sel. Mélanger énergiquement à la main ou à la spatule jusqu'à distribution homogène de tous les aromates.

⚠️ Contrôle de consistance : la pâte doit pouvoir être façonnée sans se défaire. Si elle est trop humide, saupoudrer d'une pincée de fécule de maïs ou de tapioca pour absorber l'excès d'humidité — sans ajouter de farine de blé qui modifie la texture.

5. Façonnage

S'huiler légèrement les mains. Prélever environ une cuillère à soupe de pâte. Former une boulette puis l'aplatir légèrement entre les paumes pour obtenir une galette d'environ 4 cm de diamètre et 10 mm d'épaisseur. Certaines recettes traditionnelles prévoient un petit trou central — il permet une cuisson plus uniforme à cœur.

6. Friture

Chauffer l'huile à 150–160 °C dans la sauteuse ou la friteuse. Vérifier la température au thermomètre — une huile trop chaude (> 170 °C) brûle l'extérieur sans cuire le cœur ; une huile trop froide (< 140 °C) imbibe les beignets d'huile.

Plonger délicatement les galettes par fournées de 5 à 6 pièces maximum. Frire 3 à 4 minutes de chaque côté jusqu'à couleur dorée homogène. Retourner à mi-cuisson.

Égoutter sur papier absorbant. Servir immédiatement, chauds ou tièdes.

7. Service

Servir chauds, accompagnés d'un chatini de tomate ou de coriandre, ou d'une sauce piment maison. Usage traditionnel : dans un pain beurré (demi-baguette fraîche avec beurre) pour le petit-déjeuner ou le goûter.


POINTS DE CONTRÔLE QUALITÉ

  • Beignet maintenant sa forme à la friture — ne se défait pas
  • Croûte uniformément dorée, sans zones brûlées ni pâles
  • Intérieur moelleux et cuit à cœur — pas de zone crue ou granuleuse
  • Absence d'excès d'huile après égouttage — signe d'une température de friture correcte
  • Arômes de cumin et coriandre nettement perceptibles dès la sortie de friture

Tolérances et corrections

Défaut constaté Cause probable Correction
Beignets qui se défont à la friture Pâte trop humide ou broyage insuffisant Ajouter une pincée de fécule ; mixer plus longtemps
Beignets trop lourds et gras Huile pas assez chaude Monter l'huile à 155–160 °C avant chaque fournée
Extérieur brûlé, cœur cru Huile trop chaude Réduire à 150 °C ; faire des beignets plus fins
Texture trop dense sans moelleux Pois mal trempés ou peau non retirée Trempage suffisant + retrait soigneux de la peau
Goût fade Assaisonnement insuffisant ou ingrédients pas frais Ajuster sel, cumin et piment ; utiliser coriandre fraîche uniquement

SAUCES ET CONDIMENTS

Chatini tomate (chutney tomate) : tomates fraîches hachées, piment vert, coriandre, oignon, sel, jus de citron. Cru, frais, acidulé — contrebalance la chaleur du beignet frit. Préparation : 5 minutes. Conservation : 24 heures au réfrigérateur.

Chatini cotomili (chutney coriandre) : coriandre fraîche, piment vert, ail, jus de citron, sel, eau. Mixé ou pilé. Profil herbacé et piquant. Conservation : 48 heures au réfrigérateur.

Rougaille pima : sauce piment cuite à base de tomates, piment, ail, gingembre. Version plus élaborée, servie tiède. Accord classique avec le gato pima en version cari bari.

Service dans un pain beurré : usage le plus populaire à Maurice — demi-baguette fraîche beurrée, 2 à 3 gato pima à l'intérieur, parfois avec du fromage. Version du petit-déjeuner et du goûter mauricien.

Conservation des sauces

  • Chatini cru : 24 à 48 heures au réfrigérateur sous film contact
  • Chatini mixé : 3 jours au réfrigérateur en pot hermétique
  • Rougaille : 4 à 5 jours au réfrigérateur

CONSERVATION

Beignets frits :

  • À consommer immédiatement de préférence — la texture croustillante se dégrade en quelques heures
  • Conservation courte : 4 à 6 heures à température ambiante sous film
  • Réchauffage : four à 180 °C pendant 5 minutes pour retrouver le croustillant — pas de micro-ondes (ramollit)
  • Congélation des beignets cuits : possible — décongeler au réfrigérateur, réchauffer au four

Pâte crue :

  • Réfrigérateur : 24 heures maximum en récipient hermétique
  • Congélation : 2 à 3 mois en portions individuelles (bac à glaçons, puis poche sous vide) — méthode très répandue dans la diaspora mauricienne
  • Décongélation : au réfrigérateur ; frire directement sans décongélation complète si portions fines

NORMES DE SÉCURITÉ ET D'HYGIÈNE

Friture

  • Température de l'huile : 150–160 °C — ne pas dépasser 170 °C (risque de formation d'acrylamide et de composés oxydés)
  • Renouvellement de l'huile : après 8 à 10 fournées en restauration ou si l'huile noircit et mousse excessivement
  • Jamais d'eau au contact de l'huile chaude — risque de projection grave
  • Surveillance continue pendant la friture — ne jamais laisser l'huile sans surveillance

Chaîne du froid

  • Température de conservation de la pâte crue : ≤ +4 °C
  • Beignets refroidis avant conditionnement pour congélation
  • DLC pâte crue réfrigérée : 24 heures maximum

Prévention des contaminations croisées

  • Planches et ustensiles dédiés végétaux (code couleur vert)
  • Lavage des mains obligatoire après manipulation du piment frais (capsaïcine — irritant oculaire)
  • Séparation stricte cru / frit

Allergènes

  • Légumineuses (pois cassés jaunes) — présent
  • Gluten — absent dans la recette de base ; présent si service dans un pain beurré
  • Lait — absent dans la recette de base ; présent si service avec beurre dans le pain
  • Crustacés — absent
  • Céleri — absent
  • Œufs — absent

Réglementation applicable

  • Paquet hygiène CE 852/2004 (pour usage en restauration européenne)
  • GBPH restauration rapide et street food

ERREURS FRÉQUENTES

Erreur Conséquence Correction
Trempage insuffisant des pois Broyage difficile, pâte granuleuse, beignets qui se défont Trempage minimum 3 heures, idéalement une nuit complète
Ne pas retirer la peau des pois Texture lourde, aspect moins lisse Retirer la peau pois par pois après trempage
Pâte trop humide Beignets qui se défont à la friture Ajouter une pincée de fécule de maïs ou de tapioca
Huile pas assez chaude Beignets gras, mous, sans croûte Vérifier la température au thermomètre avant chaque fournée
Huile trop chaude Extérieur brûlé, cœur cru Réguler à 150–160 °C avec thermomètre
Trop de pièces par fournée Chute de température, beignets gras Maximum 5 à 6 pièces par fournée
Épices en poudre à la place des fraîches Profil aromatique plat Toujours utiliser coriandre et piment frais

ASTUCES ET CONSEILS

Texture : La clé de la cohésion est la texture de la pâte — ni trop lisse (perd sa structure), ni trop grossière (se défait). Au mixeur, travailler par impulsions courtes et contrôler visuellement. Au mortier, une légère granularité est souhaitable et caractéristique du gato pima artisanal.

Arômes : Pour des beignets encore plus parfumés, torréfier légèrement les graines de cumin entières à sec dans une poêle chaude avant de les moudre — les huiles essentielles libérées lors de la torréfaction intensifient considérablement le profil aromatique.

Conseil du chef : Préparer la pâte la veille et la conserver au réfrigérateur toute la nuit — les arômes ont le temps de se fondre et le résultat est nettement supérieur. La pâte se congèle parfaitement en portions de 30 g : une fois les portions congelées sur plateau, les transférer en poche sous vide pour disposer à tout moment de beignets en 10 minutes.

Matériel :

  • Indispensable : thermomètre de friture (contrôle précis de la température de l'huile)
  • Recommandé : friteuse professionnelle avec thermostat pour production régulière
  • Alternative domestique : sauteuse à fond épais, test de température avec un morceau de pâte (remonte rapidement en surface et grésille = bonne température)

SERVICE, ACCOMPAGNEMENTS ET ACCORDS

Service traditionnel mauricien

Servi chaud ou tiède, dans du papier journal ou dans un cornet — mode de vente des marchands gato dans les rues et bazars. En version gajdak (apéritif), posé sur une assiette avec chatini à côté. En version petit-déjeuner : dans un demi-pain beurré avec ou sans fromage.

Garnitures traditionnelles

Chatini tomate cru, chatini coriandre, rougaille pima, quartiers de citron vert.

Accords boissons

  • Thé mauricien au lait (dité dilé) : accord traditionnel du matin, harmonie avec les épices
  • Bière locale Phœnix (lager mauricienne) : légèreté qui contrebalance le piquant en version apéritif
  • Alouda (boisson lactée sucrée à l'agar-agar) : accord sucré-salé populaire
  • Jus de tamarin maison (dilo tamarin) : acidité naturelle qui nettoie le palais entre les bouchées
  • Alternatives sans alcool : eau de coco fraîche, jus de citron vert dilué, lassi nature

Accords régionaux et patrimoniaux

  • Dholl puri (galette de pois cassés) : accord légumineuse sur légumineuse, repas complet de street food mauricienne
  • Chatini mangue : accord piquant-acide typiquement mauricien
  • Rougaille saucisse : repas familial complet, gato pima en entrée de table

FICHE NUTRITIONNELLE ESTIMÉE (par portion de 3 pièces — environ 50 g, sans sauce)

Valeurs estimatives — à affiner selon recette précise et analyses laboratoire

Bloc réglementaire (UE 1169/2011)

  • Énergie : ~140 kcal / ~586 kJ
  • Énergie pour 100 g : ~280 kcal / ~1170 kJ
  • Lipides : ~5 g
    • dont acides gras saturés : ~0,5 g
  • Glucides : ~17 g
    • dont sucres : ~1 g
  • Protéines : ~7 g
  • Fibres alimentaires : ~4 g
  • Sodium : ~200 mg
  • Sel : ~0,5 g

Note : les valeurs lipidiques dépendent fortement de la température de friture et de la durée d'égouttage. Un beignet frit à bonne température (155–160 °C) absorbe nettement moins d'huile qu'un beignet frit trop lentement.


ALLERGÈNES

  • Légumineuses (pois cassés jaunes) — présent
  • Gluten — absent dans la recette de base ; présent si service dans un pain
  • Lait — absent dans la recette de base ; présent si service avec beurre dans le pain
  • Crustacés — absent
  • Œufs — absent
  • Céleri — absent
  • Moutarde — absent

ADAPTATIONS POSSIBLES

  • Sans gluten : naturellement sans gluten — aucune adaptation nécessaire pour les beignets ; servir sans pain beurré
  • Végétarien / végétalien : naturellement végétalien — aucune adaptation nécessaire
  • Pauvre en matières grasses : cuisson au four à 200 °C, 20 minutes en retournant à mi-cuisson — texture moins croustillante mais profil aromatique préservé
  • Sans piment : version douce pour enfants — supprimer le piment, maintenir le cumin et la coriandre
  • Version enrichie en protéines : substitution de 30 % des pois cassés par des lentilles rouges

GLOSSAIRE

  • Gato pima (créole mauricien) : « gâteau piment » — beignet frit de pois cassés épicé, street food emblématique de Maurice
  • Paruppu vadai (தமிழ் — tamoul) : beignet de légumineuses du sud de l'Inde, ancêtre direct du gato pima
  • Dholl : pois cassés jaunes — légumineuse de base du gato pima mauricien
  • Gajdak : terme créole mauricien désignant l'apéritif informel, les amuse-gueules — équivalent local du concept de tapas
  • Cotomili : coriandre fraîche en créole mauricien
  • Pima ver : piment vert frais en créole mauricien
  • Chatini : chutney mauricien — condiment cru à base de légumes ou fruits hachés, piment, citron
  • Rougaille : sauce tomate mauricienne épicée, cuite, aromatisée à l'ail et au gingembre
  • Marchand gato : vendeur ambulant de beignets dans les rues et bazars mauriciens
  • Cari bari : préparation en curry des gato pima restants — recyclage traditionnel des beignets ramollis
  • Roche cari : mortier en pierre volcanique utilisé traditionnellement pour broyer les épices et légumineuses à Maurice
  • Caloupilé : feuilles de curry (Murraya koenigii) — aromate typique de la cuisine mauricienne et indienne
  • Dité dilé : thé mauricien au lait — boisson du matin, accord traditionnel avec le gato pima
  • Engagisme : système de travail sous contrat qui amena entre 1834 et 1907 environ 500 000 travailleurs indiens à Maurice, vecteur principal de la transmission culinaire indo-mauricienne

BIBLIOGRAPHIE ET SOURCES

  • Permaloo, S. (2012). Sunshine on a Plate. London : Hodder & Stoughton
  • Claveyrolas, M. (2019). Quand l'hindouisme est créole. Plantation et indianité à l'île Maurice. Paris : EHESS
  • North, T. (2017). Mauritius — Culture Smart! London : Kuperard
  • Site officiel de l'île Maurice — tourisme et culture : ilemaurice.mu
  • Archives culinaires orales — transmission familiale mauricienne (sources non publiées)
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