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Diots de Savouè L'authentique saucisse de porc au vin blanc du terroir alpin
Diots de Savouè L'authentique saucisse de porc au vin blanc du terroir alpin
La vérâblya saussissa de porc u vin blanc du terrouèr alpin
Fiche Technique Charcuterie Professionnelle
2. Autres appellations
Nom d'origine : Diot (du patois savoyard, désignant une petite saucisse de porc)
- Diot fumé
- Diot au vin blanc
- Diot de vignerons
- Diot à la chaudière
- Diots en marmite (usage populaire dans les bistrots de montagne)
3. Variantes et versions régionales
Version BeaufortaineIncorporation possible de dés de Beaufort dans la farce — hors usage traditionnel strict mais pratique courante en restauration locale. Service entier, chaud, avec des crozets au sarrasin ou une polenta de montagne crémeuse.
Version Combe de Savoie — « Diot de vignerons »Les saucisses sont disposées sur un lit de sarments de vigne, arrosées de vin blanc de Savoie, puis cuites à l'étouffée en cocotte. Cela confère une saveur légèrement fumée et vinique particulièrement marquée. Usage traditionnel lors des vendanges.
Version MaurienneRecette plus rustique, farce légèrement plus grasse, cuisson en marmite collective avec pommes de terre et choux. Pratique encore vivante dans les villages de fond de vallée lors des fêtes villageoises hivernales.
Version Diaspora (Paris / Lyon)
- Vin blanc de substitution (Muscadet ou autre AOC accessible) quand les vins de Savoie sont difficiles à approvisionner
- Séchage ou repos raccourci par manque de caves fraîches d'altitude
- Conservation davantage basée sur la réfrigération que sur l'affinage naturel
Version Contemporaine Gastronomique
- Hachage au couteau pour une texture plus travaillée
- Réduction de vin de Savoie montée au jus de viande
- Insertion possible de trompettes de la mort, de noix de Grenoble ou d'autres marqueurs alpins
- Dressage individualisé à l'assiette
- Formats mini-diots pour buffets et bouchées de réception
⚠️ Statut : Pas d'IGP, AOP ou STG spécifiques au Diot de Savoie à ce jour. Produit conforme aux catégories « saucisses fraîches pur porc » du Code des usages de la charcuterie. Mentions d'origine encadrées par la réglementation générale sur la loyauté de l'information.
4. Évolution de la recette
Période d'apparition : Tradition hivernale liée à la tuée du cochon (pêle-porc), attestée depuis le XVIIe siècle dans les vallées savoyardes.
Ingrédients d'origine : Parures d'épaule et gras de bardière, hachés grossièrement, salés et poivrés simplement. Sel coûteux donc utilisé avec parcimonie.
Ajouts progressifs : ail (aromate identitaire s'imposant au XVIIIe siècle), poivre (via échanges transalpins), vin blanc de Savoie (XIXe–XXe siècle, généralisation dans les versions au vin).
Industrialisation (années 1960–1990) : hachoirs mécaniques, poussoirs modernes, chambres froides, fumoirs contrôlés. Introduction du dextrose pour la stabilité et la couleur. Nitrite selon les ateliers.
Normalisation : Rattaché aux catégories saucisses fraîches pur porc — objectif de formulation à 18 g de sel/kg de mêlée sans norme spécifique au Diot.
Tendances actuelles : réduction des colorants, sélection de porcs de montagne (Label Rouge, élevage plein air, filières régionales), meilleure maîtrise de la chaîne du froid, retour aux boyaux naturels, versions allégées en sel, vins de Savoie d'appellation précise intégrés à la recette.
5. Catégorisation
Type de produit : Saucisse crue à cuire (diots frais), avec variantes fumées ou légèrement séchées.
Matière première : Pur porc (épaule + gras de bardière).
Forme : Saucisse calibre 32/34 ou 34/36 mm, longueur 10–12 cm, légèrement courbée.
Poids portion : 2 pièces par personne — 240 à 280 g de produit cru (120 à 140 g l'unité).
Service : Traditionnel (plats de montagne, bistrots, tables familiales), gastronomique (interprétations de chefs).
Niveau technique : Intermédiaire — maîtrise du hachage, du mélange homogène et de l'embossage en boyau naturel.
Statut : Produit cru — cuisson obligatoire avant consommation.
6. Origine géographique et statut
Pays : France.
Région : Savoie et Haute-Savoie, avec diffusion dans les Alpes du Nord et zones limitrophes.
Micro-terroirs : Vallées de Tarentaise, Maurienne, Combe de Savoie, Beaufortain, Aravis.
Statut officiel : Aucune AOP / AOC / IGP / STG spécifiques au Diot à ce jour.
Démarches collectives : Présence possible dans des marques territoriales et chartes d'artisans charcutiers savoyards — à vérifier au cas par cas.
Recette codifiée : Non — exigences de typicité reconnues (pur porc, hachage moyen à gros, boyau naturel, assaisonnement simple) mais sans cahier des charges officiel unique.
Inventeur : Transmission paysanne et rurale alpine — aucune maison fondatrice identifiée.
Organisme de certification : Aucun à ce jour pour le Diot spécifiquement.
7. Contexte culturel et historique
Dicton
« Bon diot, bon vin, font le montagnard serein. »
Dicton d'inspiration locale représentatif de l'association traditionnelle entre charcuterie, vin de Savoie et convivialité montagnarde. Illustre le rôle social et festif du Diot dans la culture alpine.
Légende fondatrice
On dit dans les vallées de Maurienne que c'est une bergère du nom de Marguerite qui, un hiver de disette particulièrement rude, aurait eu l'idée de hacher finement les restes de viande du cochon familial avec des herbes sauvages et du sel, avant de les glisser dans les boyaux lavés à l'eau du torrent. Elle aurait ensuite fait cuire ces petites saucisses dans le vin que son mari rapportait des vignes de la Combe pour les conserver quelques jours de plus. Le village, sauvé de la faim, aurait perpétué ce geste chaque hiver. Vraie ou mythifiée, cette légende incarne la dimension de survie, d'ingéniosité paysanne et de transmission qui fonde l'identité du Diot.
Historique détaillé
Origines paysannes (XVIIe–XVIIIe siècles)Le Diot s'enracine dans l'économie de subsistance des foyers alpins, lorsque chaque ferme élevait un ou plusieurs porcs destinés à assurer une part essentielle de l'apport calorique de l'hiver. L'abattage, réalisé à l'entrée de la saison froide lors de la pêle-porc, donnait lieu à une transformation minutieuse de toutes les parties de l'animal : pièces nobles salées ou fumées, saindoux, boudins, et saucisses. Les Diots utilisaient les parures d'épaule et le gras de bardière, hachés et assaisonnés avec parcimonie, le sel étant alors un produit de valeur et de rareté. Consommés bouillis, pochés ou rissolés, ils accompagnaient pommes de terre, polenta ou crozets — les féculents de montagne qui composaient l'essentiel du repas paysan.
Affirmation identitaire et diffusion (XIXe siècle)Au fil des décennies, le Diot devient un élément central des foires villageoises et des réunions de famille. Il convient de rappeler que la Savoie n'a été rattachée à la France qu'au terme du traité de Turin, signé le 24 mars 1860, le rattachement effectif intervenant le 14 juin 1860. Avant cette date, ces territoires étaient administrés par le Royaume de Piémont-Sardaigne depuis Turin. Cette appartenance explique des influences piémontaises sensibles dans certaines charcuteries savoyardes — notamment dans l'usage du vin et de l'ail. Avec l'essor des vignobles savoyards — Apremont, Abymes, Mondeuse — il devient naturel de cuire les Diots dans les vins blancs locaux issus du cépage Jacquère.
Professionnalisation et rayonnement (XXe siècle)La seconde moitié du XXe siècle voit la professionnalisation accrue de la charcuterie savoyarde : hachoirs mécaniques, poussoirs modernes, chambres froides et fumoirs contrôlés permettent aux artisans de stabiliser la qualité et la sécurité des produits. L'essor du tourisme de montagne dans les années 1960–1980 propulse le Diot sur les cartes des restaurants d'altitude et dans les rayons des épiceries fines, lui conférant un rayonnement national.
Époque contemporaine et réinterprétationsAujourd'hui, s'il reste profondément attaché à la cuisine familiale et aux bistrots de montagne, le Diot inspire aussi des interprétations gastronomiques. Présentation en petits formats pour les buffets, association avec des vins de terroir spécifiques, travail sur les garnitures avec des céréales anciennes, des légumes racines ou des fromages locaux : le Diot illustre la capacité de la charcuterie traditionnelle à se réinventer sans renier sa fonction première — nourrir, réchauffer et rassembler autour de la table de montagne.
8. Description culinaire
Aspect : Saucisse de diamètre moyen (32–36 mm), en boyau naturel, légèrement courbée. Couleur rose soutenu pour les diots frais, rouge brique plus prononcée pour les versions fumées. Marbrure régulière indiquant un bon équilibre maigre/gras.
Texture : Grain de hachage moyen à gros, donnant une mâche franche sans dureté. Boyau naturel offrant un « crac » net à la coupe. Chair juteuse mais non grasse en excès selon la cuisson.
Arômes crus : Nez franc de porc bien maturé, relevé par le poivre et l'ail, notes de cave légère pour les produits légèrement affinés.
Arômes cuits : Pour les versions au vin, notes viniques discrètes mais perceptibles. Pour les versions fumées, touches boisées et légèrement résineuses. En bouche : équilibre entre salinité, gras, aromates et fond de vin.
Particularités culinaires : hachage gros à moyen (jamais émulsionné), boyau naturel de porc obligatoire pour la typicité, repos de 12 à 24h indispensable pour la liaison aromatique, cuisson sans ébullition (pochage ou mijotage doux), ne jamais piquer avant cuisson afin de préserver les jus.
9. Ustensiles et équipements
Hachoir à viande avec grille de 8 mm (ou 6 mm selon variante), mélangeur idéalement avec possibilité de mélange sous vide, poussoir/embosseuse pour boyaux naturels de porc, bacs alimentaires inox, thermomètre de pénétration et sonde, chambre froide positive 0–4°C pour matière première et maturation, fumoir (pour versions fumées), étuve et séchoir si affinage, marmite ou rondeau, cocotte en fonte, plaque pour cuisson au vin, grilles ou esses pour le repos des diots embossés.
10. Ingrédients — Formulation technique (base 10 kg de mêlée)
Matières premières carnées
Épaule de porc parée : 7 000 g (70 % de la mêlée). Parage soigneux obligatoire — sans tendons ni cartilage.
Gras de bardière ferme : 3 000 g (30 %). Gras dur uniquement — le gras mou est exclu.
Total mêlée : ≈ 10 540 g. Rendement en embossage variable selon le calibre et la nature des boyaux.
Assaisonnement de base
Sel fin : 180 g — soit 18 g/kg de mêlée. Objectif de formulation recommandé. Concentration NaCl produit fini ~1,8 %.
Poivre gris moulu : 30 g — soit 3 g/kg. De qualité, moulu frais.
Ail frais haché : 20 g — soit 2 g/kg. Dégermé et haché finement.
Vin blanc de Savoie (cépage Jacquère — Apremont ou Abymes) : 300 ml — soit 3 % de la mêlée.
Dextrose : 10 g — soit 1 g/kg. Contribue à la stabilité de la couleur et à l'équilibre fermentaire.
Boyaux et additifs
Boyaux naturels de porc, calibre 34/36 mm. Additifs à adapter selon la réglementation en vigueur, la version fraîche ou fumée, et les contraintes propres à l'atelier. Nitrite E250 possible selon protocole qualité défini.
11. Paramètres charcutiers techniques
Type de produit : Saucisse crue à cuire (fraîche), avec variantes fumées ou légèrement séchées.
Température mêlée : ≤ 4°C pendant hachage et mélange — risque de graissage si dépassement.
Repos mêlée embossée : 12 à 24h à +2/+3°C pour liaison protéines-sel et développement aromatique.
Salage : sel sec intégré à la mêlée — 18 g/kg. Concentration NaCl produit fini ~1,8 %.
Additifs : dextrose 1 g/kg ; nitrite E250 selon protocole et version ; sans additif dans la version artisanale pure.
pH mêlée : ~5,8–6,2 estimé (non contrôlé dans la version artisanale classique).
Aw fraîche : ~0,97 — produit périssable. Aw fumée/séchée : objectif < 0,92 selon niveau d'affinage.
Fumage : à froid ou tiède selon protocole — hygrométrie 75–80 % en début de phase.
Perte de poids cible (version séchée) : 10 à 20 % selon affinage souhaité.
Cuisson au vin : pochage ou mijotage sans ébullition — température à cœur ≥ 72°C.
DLC fraîche non emballée : 4 à 5 jours à +2/+4°C. DLC fraîche sous vide : 10 à 15 jours à +2/+4°C. DLC fumée/séchée : jusqu'à 30 jours sous vide selon Aw. DLC congelée : 3 mois à -18°C.
12. Méthode de réalisation
Temps de mise en place : 30 min. Préparation active : 1h (parage, hachage, mélange). Repos mêlée : 12 à 24h à +2/+3°C. Embossage : 30 à 45 min selon volume. Fumage (optionnel) : 4 à 8h selon protocole. Cuisson au vin : 25 à 35 min à feu doux. Rendement : environ 80 diots de 120 g pour 10 kg de mêlée. Température de service : 72°C à cœur minimum — service immédiat.
Étape 1 — Mise en place et hygièneVérification de l'hygiène du laboratoire. Désinfection des plans de travail, des grilles de hachoir et de la cuve du mélangeur. Refroidissement préalable de tous les outils (passage en chambre froide ou au congélateur 15 min). Rinçage des boyaux naturels à l'eau tiède (~20°C) pour assouplissement. Pesée rigoureuse de tous les ingrédients avant démarrage.
Étape 2 — Préparations préliminairesParage des viandes : retrait soigneux des tendons, cartilages et excès de gras mou. Découpe de l'épaule et de la bardière en cubes adaptés à l'entrée du hachoir. Préparation du mélange sec : sel, poivre, dextrose et ail haché. Vérification et décantation du vin blanc si nécessaire.
Étape 3 — Hachage et mélangeHachage de l'épaule puis de la bardière à la grille de 8 mm (ou 6 mm pour texture plus fine). Maintenir la température de la mêlée ≤ 4°C en cours de hachage. Mélange homogène sous vide de préférence : incorporer d'abord le mélange sel/épices/ail, puis le vin blanc en fin de processus pour ne pas « laver » la mêlée. La mêlée doit être homogène, légèrement collante, sans zones de graissage.
Étape 4 — EmbossageEnfiler les boyaux naturels sur le poussoir. Embosser sans bulles d'air, avec une tension modérée pour limiter le risque d'éclatement. Portionner à 10–12 cm en tordant ou en liant. Déposer sur grilles ou esses en chambre froide.
Étape 5 — Stabilisation et reposRepos 12 à 24h à +2/+3°C sur grilles, sans contact entre les pièces. Pour les versions fumées : fumage à froid ou tiède selon protocole, suivi d'un éventuel affinage court en séchoir. Surveiller la perte de poids, le pH et l'Aw pour les versions séchées.
Étape 6 — Conditionnement et stockageConditionnement sous vide ou en atmosphère protégée pour distribution et restauration. Stockage en chambre froide positive dans le respect des DLC et des exigences de traçabilité. Analyses bactériologiques selon fréquence définie par le plan HACCP.
Cuisson traditionnelle au vin : faire revenir des oignons émincés dans un peu de beurre jusqu'à coloration légère, déposer les diots dans la cocotte, verser le vin de Savoie à mi-hauteur (Apremont ou Mondeuse blanche), couvrir et mijoter à feu doux 25 à 35 min sans ébullition, vérifier la température à cœur (≥ 72°C), déglacer et réduire légèrement le jus de cuisson avant service.
13. Points de contrôle qualité
Température mêlée : ≤ 4°C en permanence. Tout dépassement impose remise immédiate en chambre froide et vérification du hachoir.
Aspect de la mêlée : homogène, légèrement collante, exempte de zone de graissage. Une mêlée graisseuse indique un dépassement de température.
Odeur : fraîche, nette, caractéristique du porc frais relevé d'ail et de poivre. Toute odeur acide ou anormale impose l'arrêt de production et la vérification de la fraîcheur des matières premières.
Embossage : boyau ferme, sans bulles d'air, sans trous. En cas de bulles visibles, les rechasser manuellement avant portionnage.
Couleur (frais) : rose soutenu, uniforme. Une couleur terne ou irrégulière impose de vérifier le dextrose et la qualité des matières premières.
Couleur (fumé) : rouge brique homogène, surface uniforme. Toute irrégularité impose de contrôler la température, l'hygrométrie et la durée du fumage.
Cuisson : température à cœur ≥ 72°C — prolonger le mijotage à feu doux si nécessaire et sonder toutes les cinq minutes. Le produit cuit doit être juteux, boyau intact, non éclaté. Un boyau éclaté indique une cuisson trop vive — réduire la température et démarrer les diots à froid dans le liquide.
DLC : respect strict selon conditionnement et protocole atelier — aucun produit consommé ou mis en vente au-delà de la DLC validée par analyses bactériologiques.
Aw (version séchée) : cible < 0,92. Si valeur non atteinte, prolonger le séchage et contrôler l'hygrométrie du séchoir.
14. Contraintes sanitaires et microbiologiques
Pathogènes cibles : Listeria monocytogenes, Salmonella spp., E. coli STEC, Clostridium botulinum (version fumée).
Limite Listeria : < 100 UFC/g sur produit fini (Règlement CE 2073/2005). Limite Salmonella : absence dans 25 g (Règlement CE 2073/2005).
Autocontrôles : analyses bactériologiques selon plan HACCP — fréquence mensuelle recommandée.
DLC fraîche non emballée : 4 à 5 jours à +2/+4°C. DLC fraîche sous vide : 10 à 15 jours à +2/+4°C. DLC fumée/séchée : jusqu'à 30 jours sous vide selon Aw. DLC congelée : 3 mois à -18°C.
Traçabilité : numéro de lot, date de fabrication, fournisseurs porc (espèce, origine, élevage).
Étiquetage obligatoire : allergènes (dont sulfites si vin), additifs, DLC, conditions de conservation, mention « à cuire ».
Chaîne du froid : rupture interdite — jamais > 4°C avant cuisson.
⚠️ Pour commercialisation : déclaration d'activité, agrément sanitaire, plan HACCP formalisé et autocontrôles bactériologiques obligatoires.
15. Chefs et maisons de référence
Emmanuel Renaut — Flocons de Sel — Megève3 étoiles Michelin, Guide Michelin France 2025. Après plus d'un an de rénovation, le Flocons de Sel a rouvert ses portes le 6 décembre 2025. Chef ancré dans la cuisine alpine d'altitude, valorisant les vins de Savoie, les herbes et les produits charcutiers locaux dans une gastronomie de terroir de référence. www.emmanuelrenaut.com
René et Maxime Meilleur — La Bouitte — Saint-Martin-de-Belleville2 étoiles Michelin, Guide Michelin 2025. Référence de la cuisine savoyarde gastronomique en Tarentaise, travail constant avec les producteurs locaux de charcuteries, fromages et vins de montagne. www.la-bouitte.com
Marc Veyrat — Rural by Marc Veyrat — MegèveNon référencé au Guide Michelin depuis 2019 (choix du chef). Figure fondatrice de la cuisine alpine savoyarde aux herbes sauvages. Son établissement actuel propose une cuisine savoyarde ancrée dans le terroir, avec l'objectif de mettre en valeur les produits de la région. ⚠️ La Maison des Bois à Manigod a été cédée à sa fille Élise Veyrat, qui l'a rebaptisée Le Hameau de mon Père — ne plus mentionner « La Maison des Bois » sous le nom de Marc Veyrat. www.marcveyrat.fr
Jean Sulpice — Auberge du Père Bise — Talloires-Montmin2 étoiles Michelin, étoile verte. Chef savoyard né à Aix-les-Bains, enraciné dans la cuisine des lacs et des montagnes de Savoie. Il défend une gastronomie durable où poissons du lac, herbes sauvages et produits locaux de montagne tiennent le premier rôle. Institution historique du lac d'Annecy et vitrine nationale de la cuisine savoyarde. www.perebise.com
Benoît Vidal — Maison Benoît Vidal — Annecy-le-Vieux2 étoiles Michelin, Guide Michelin France 2025. Au printemps 2024, après seulement 4 mois d'ouverture, il décroche 2 étoiles Michelin. Installé au pied des Aravis, sa cuisine sublime les produits sélectionnés auprès de producteurs locaux, avec sureau, berce, oseille et mélilot comme vocabulaire botanique. www.maison-benoit-vidal.com
Michaël Arnoult — Les Morainières — Jongieux2 étoiles Michelin, Guide Michelin France 2025. Installé dans le vignoble de Jongieux, en Savoie. Credo : fraîcheur du produit et respect de ceux qui le font grandir. Originaire d'Orléans, formé quatre ans et demi aux côtés d'Emmanuel Renaut avant de reprendre l'auberge des Morainières en 2005. www.les-morainieres.com
Guy Martin — Le Grand Véfour — ParisChef natif de Savoie, défenseur et auteur des spécialités savoyardes dans ses écrits et prises de parole publiques. À mentionner uniquement comme figure de rayonnement national de la cuisine savoyarde — aucun lien opérationnel documenté entre Le Grand Véfour et la préparation des Diots. www.grand-vefour.com
16. Sauces, condiments et accompagnements
Sauces traditionnelles : réduction d'oignons blancs ou rouges et d'échalotes au vin de Savoie (Mondeuse ou Apremont), éventuellement liée au fond de veau brun ; ou simple jus de cuisson des Diots au vin, déglaçage de la cocotte et légère liaison à la fécule de pomme de terre.
Accompagnements traditionnels : crozets au sarrasin ou au blé dur (l'accompagnement le plus authentique), polenta crémeuse de maïs mantecata au beurre et au Beaufort, pommes de terre vapeur ou gratin dauphinois au reblochon, chou braisé au lard, légumes racines rôtis (panais, carottes, navets).
Accompagnements contemporains : céréales anciennes (épeautre, orge perlé) au bouillon de montagne, purée de céleri-rave et truffe des Alpes, pickles d'oignons rouges au vinaigre de Savoie, chutney de poire et noix de Grenoble.
17. Vins et boissons recommandés
Vin de cuisson traditionnelLe vin blanc utilisé dans la recette des Diots est issu du cépage Jacquère, principalement sous les appellations Apremont AOC ou Abymes AOC — vins produits en volume, accessibles en commerce courant et documentés comme vins de cuisson traditionnels des Diots.
Accords à table — Vins blancs de Savoie
Apremont AOC (Jacquère) — millésime conseillé 2022–2023 — fraîcheur et minéralité contrastant avec le gras de la saucisse.
Abymes AOC (Jacquère) — millésime conseillé 2022–2023 — légèreté aromatique, notes florales.
Roussette de Savoie AOC (Altesse) — millésime conseillé 2022–2023 — profil plus structuré et floral que la Jacquère, accord remarquable avec les versions fumées des Diots, apportant une minéralité pierreuse qui contrebalance les notes résineuses du fumage.
Accords à table — Vins rouges de Savoie
Mondeuse AOC (Mondeuse rouge) — millésime conseillé 2020–2021 — tannins souples, notes de fruits noirs et de poivre, accord naturel avec la charcuterie de montagne.
Gamay de Savoie — millésime conseillé 2022 — fruité, souple, servi frais.
⚠️ La Mondeuse blanche est un cépage rarissime comptant moins de 10 hectares plantés en Savoie. Elle est quasiment introuvable en commerce courant et n'est pas documentée comme vin de cuisson traditionnel des Diots. Ne pas la mentionner dans la recette ni dans les accords courants.
Alternative régionale : Crozes-Hermitage blanc (vallée du Rhône) — millésime conseillé 2021 — alternative élégante si les vins de Savoie sont indisponibles.
Bière artisanale : bière blonde alpine de Savoie — convivialité montagnarde, amertume légère, accord informel en contexte bistrot ou chalet.
Sans alcool : eau pétillante des Alpes avec quartier de citron — fraîcheur, nettoie le palais entre deux bouchées.
18. Fiche nutritionnelle (indicative)
Valeurs données à titre indicatif pour 100 g de diot cuit et pour une pièce d'environ 130 g cuite. Ajustement obligatoire selon analyse laboratoire ou logiciel de calcul nutritionnel agréé.
Pour 100 g : énergie 295 kcal / 1 234 kJ — lipides 24,0 g (dont acides gras saturés 9,0 g) — glucides 1,5 g (dont sucres 0,8 g) — protéines 18,0 g — fibres 0 g — sel 1,8 g.
Par pièce (130 g) : énergie 384 kcal — lipides 31,2 g (dont saturés 11,7 g) — glucides 1,0 g — protéines 23,4 g — sel 2,3 g.
⚠️ Ces valeurs doivent être recalculées impérativement en cas de réduction du sel, substitution du gras ou version sans vin. Mise à jour obligatoire de l'étiquetage conformément au Règlement UE 1169/2011.
19. Allergènes — Déclaration et vigilance
Gluten : absent de la formulation de base — aucun liant céréalier incorporé. Vigilance sur les épices industrielles et risque de contamination croisée — vérification systématique à réception.
Lait / Lactose : absents en version standard. Exception : version Beaufortaine (dés de Beaufort) — déclaration obligatoire de l'allergène lait.
Œufs : absents.
Sulfites : présents via le vin de Savoie. Déclaration obligatoire si SO₂ > 10 mg/kg dans le produit fini. Le taux résiduel dépend du taux de SO₂ du vin et de la proportion incorporée. Recommandation : analyse du produit fini ou utilisation d'un vin certifié sans sulfites ajoutés si exigé par la clientèle.
Soja : absent. Arachides : absentes. Moutarde : absente de la formulation — vigilance sur les fiches techniques fournisseurs d'épices et contaminations croisées possibles. Céleri : absent — même vigilance que pour la moutarde concernant les épices conditionnées.
Traces éventuelles : à évaluer selon l'atelier de production et à mentionner obligatoirement dans l'étiquetage le cas échéant.
20. Adaptations possibles
Sans sulfites : possible en supprimant le vin — remplacer par fond de veau ou bouillon de légumes pour la cuisson. Texture aromatique différente.
Pauvre en sel : réduire à 15 g/kg — DLC raccourcie, surveillance microbiologique renforcée.
Porc Label Rouge ou bio : possible sans modification de recette — amélioration du profil aromatique.
Sans additifs : version artisanale sans dextrose ni nitrite — DLC très réduite, réfrigération stricte obligatoire.
Version allégée en gras : réduire la bardière à 20 % — texture plus sèche, jutosité réduite.
Version végétale : impossible de conserver l'identité du produit — hors périmètre de cette fiche.
21. Glossaire
Diot — Terme patois savoyard désignant une petite saucisse de porc traditionnelle des Alpes.
Mêlée — Terme charcutier désignant l'ensemble de la farce mélangée avant embossage (viande + gras + assaisonnement).
Bardière — Gras de couverture du dos du porc, ferme et dense, utilisé comme gras de préférence dans les charcuteries de qualité.
Embossage — Opération de remplissage du boyau naturel avec la mêlée à l'aide d'un poussoir ou d'une embosseuse.
Esse — Crochet en S ou en métal utilisé pour suspendre les saucisses en chambre froide ou en séchoir pendant le repos ou l'affinage.
Pêle-porc — Abattage traditionnel du cochon familial en hiver dans les fermes alpines, moment fondateur de la charcuterie paysanne savoyarde.
Crozets — Petites pâtes de Savoie de forme carrée, à base de sarrasin ou de blé dur, accompagnement traditionnel des Diots.
Jacquère — Cépage blanc autochtone savoyard, le plus planté (~55 % du vignoble savoyard). Dominant des appellations Apremont et Abymes. Vin de cuisson traditionnel des Diots au vin blanc.
Mondeuse — Cépage rouge autochtone savoyard, donnant des vins aux tannins souples avec des notes poivrées et de fruits noirs — accord naturel avec le Diot.
Apremont — Appellation de vin blanc de Savoie issue du cépage Jacquère, utilisée traditionnellement dans la recette des Diots au vin.
Graissage — Défaut charcutier survenant quand la mêlée monte en température, provoquant la fonte prématurée du gras et une texture granuleuse dans le produit fini.
Aw (Activité de l'eau) — Mesure de l'eau libre disponible pour les microorganismes. Cible < 0,92 pour les produits séchés ou fumés affinés.
DLC — Date Limite de Consommation, obligatoire sur les produits crus périssables.
HACCP — Hazard Analysis Critical Control Points — méthode d'analyse des risques et de maîtrise des points critiques, obligatoire pour toute production charcutière professionnelle.
⚠️ Points de vigilance réglementairesProduit cru : cuisson obligatoire avant consommation (T° cœur ≥ 72°C). Présence de sulfites via le vin de Savoie : déclaration obligatoire en étiquetage (allergène réglementé au-delà de 10 mg/kg). En l'absence de nitrite : DLC réduite, chaîne du froid stricte sans aucune rupture. Pour toute commercialisation : déclaration d'activité, agrément sanitaire, plan HACCP formalisé et autocontrôles bactériologiques obligatoires.
Fiche établie selon le Canevas Professionnel Charcuterie – Version optimisée Mars 2026